Historique

HISTORIQUE DU QUARTIER ROSTAGNE
ANTIBES JUAN LES PINS

REPRODUCTION  INTERDITE  sans référence du site  http://rostagne.free.fr/

Préambule :

Cet historique a été établi durant 3 années à partir de documents mais aussi à partir des souvenirs des riverains, peut être entaché d’erreurs et n’est aucunement exhaustif. Les histoires truculentes et pleines de vie  ont été racontées par Monsieur Jean Paul Bilger, ont participé  également Messieurs  Houriez, Collot, Delaval, Madame Rozenn Bardou….etc.
Nous souhaitons d’autres participations (envoyer un email au site « rostagne@free.fr »

Cet historique est fait pour montrer qu’en une seule génération tout un patrimoine paysagé a été détruit ainsi qu’un mode de vie où tous les habitants d’une même avenue « l’avenue de la Rostagne » se connaissaient et étaient amis. Au point que les personnes décédaient souvent dans les bras de leurs voisins et amis. (Monsieur  Kopitkine  dit Kopé  est décédé en 1971  dans les bras de Monsieur Bilger et Monsieur Stahl, Madame Elizabeth Breton dit « Zet » est décédée dans les bras de Monsieur Collot.
En 1900 à l’emplacement de l’avenue de la Rostagne, il n’y avait qu’une dizaine de villas , fermes et bastides et bien avant cette avenue n’existait pas, seul existait l’impasse des orangers qui devint le chemin François Gairaud qui  partant du chemin des sables s’arrêtait  au voisinage de la Bastide Laverne
Maintenant, les immeubles qui ont remplacé les villas, ont des appartements très peu occupés, le fait que ce sont des résidences secondaires occupées souvent qu’un mois par an, ce qui fait que peu de personnes peuvent participer à l’atmosphère conviviale du quartier.
Monsieur Jean Paul Bilger  né en 1924 qui est la mémoire vivante du quartier, a grandement participé en nous relatant ses souvenirs  pour nous décrire les changements intervenus de l’avenue de la Rostagne durant plus d’un demi siècle. En fait, nous remontrons l’historique jusqu’en 1900 pour faire revivre un passé écologique où l’on prenait le temps de vivre.

Monsieur Bilger raconte: « pendant presque 20 ans, de 1960 à 1980, les autos circulaient dans les 2 sens sur les Remparts d’Antibes. A ce moment-là on se faisait de politesses pour céder le passage et tout s’organisait dans le calme et il n'y a jamais eu d'accident !
Il y avait plein de libellules en été avec le chant des cigales dans le quartier de la Rostagne, on ressentait la Provence et aujourd'hui les 24 Heures du Mans sur le chemin des sables  avec leurs pollutions et les bruits d'échappements motos voitures inutiles et imbéciles.
Quand je pense que le sublime et génial Ludwig Van Beethoven se plaignait, à son époque déjà, du vacarme à Vienne ! ! ! et qui a déménagé 60 fois, peut être les voisins se plaignaient-t’ils de  son piano ? »

Pour qu’il reste une trace de l’histoire de ce quartier  pour nos enfants qui, j’en suis sûr respecterons de plus en plus l’écologie et l’environnement.

Nous allons remonter numéro  par numéro  l’Avenue de la Rostagne en partant du Lycée Audiberti, Bd Wilson jusqu’au Chemin des sables pour raconter l’historique de notre quartier avec entre guillemet les souvenirs de Monsieur Bilger.

 

 

Historique de l’Avenue de la Rostagne

Le mot « Rostagne » vient du nom Rostan. « Le chemin qui menait aux Rostan » ne pas confondre avec Roustan qui était une famille de Nice.

2 avenue de la Rostagne  Collège Départemental Rostagne
4 avenue de la Rostagne     La Palmeraie de la Rostagne

« Monsieur Guenot,  fortune énorme son père avait une plantation d’oliviers en Tunisie et au Maroc.
Il habitait la très belle maison qui est devenue la Clinique Jeanne d’Arc
Ensuite il habita l’Oasis. Il avait un château à Bordeaux et un hôtel particulier dans le 16ème arrondissement de Paris.
Son fils Maurice Guenot ne travaillait pas,  il avait une sœur qui a épousé le Baron Leroy de Présalé qui habitait chemin des sables, elle a ensuite épousé un Russe, puis une personne des  parfums Weil.
En trois générations  les enfants ont vendu tout  le domaine »

« Monsieur Guenotavait un terrain couvrant l’actuel collège de la Rostagne, la clinique Jeanne d’Arc, une grand partie du Tanit. Ce terrain formait une colline, actuellement la résidence Saint Hilary chemin du Tanit »

7 avenue de la Rostagne (et 7 avenue Gaston Bourgeois)  Villa Maizière 
(BT0006  Neo-classique  XIX  siècle N°28  Liste du Patrimoine Bâti Protégé décembre 2006) Après Les Dauphins au 5 Avenue Auguste Renoir

9 avenue de la Rostagne   Le Capitou

11 avenue de la Rostagne Le Mas d’Ante roche 

Villa  International  Inspection  of  Goods SARL    

14  avenue de la Rostagne  Résidence Mas du Tanit

Immeubles : Corinthe, Syracuse, Selimonte,  Le Gébal, Taor, Byblos, Olympe, Thaor, Sidon.
Résidence Maeva Orion Les Rostagnes
http://www.cuisine-francaise.com/hotel-residence-maeva-orion-les-rostagnes-99447.htm

 

Villa Adrienne (contribution  de Mme  Rozeen Bardou)
précédemment Villa Tanit, située chemin de la Rostagne, puis 13 avenue de la Rostagne à compter de 1964 lors de l’élargissement de la route et l’abattage de plusieurs grands eucalyptus. La propriété s’étendait du chemin des Sables à l’Avenue de la Rostagne à droite du sentier de la vertu en montant.
Cette propriété a été vendue et la Villa a été démolie au début des années 1980 avec la construction d’une résidence du nom de « HAPIMAG ».

En effet, mes parents Aline et Théo Quéré ont travaillé pour le  CCCS (Centre de coopération culturelle et sociale) à la Villa Adrienne de 1957 à 1972 en participant à l’animation et à la gestion de colonies de vacances, du Centre International de jeunes l’été puis du Centre d’études françaises et d’éducation populaire qui a fonctionné jusqu’en 1980.

D’après les résultats des recherches faites à partir des informations en ma possession, j’ai pu retracer approximativement l’histoire de la Villa :

- En 1893, Mme Caroline Commanville , nièce de Gustave Flaubert et amie de Guy de Maupassant, s’installe à Antibes, où elle acheta un vaste terrain. Elle y fit construire une demeure la Villa Tanit et un mas (le mas Tanit ?). A la mort de son oncle en 1880, elle hérite de sa bibliothèque, dont une partie sera expédiée à Antibes dans sa villa Tanit. Veuve, elle devient en 1900 Mme Franklin-Grout.
Article de Pierre Borel, journaliste, paru dans l’Eclaireur de Nice et du Sud est en mars 1928 : « Depuis de longues années, Mme Caroline Franklin Grout, nièce de Gustave Flaubert, est l’hôte de la Côte d’Azur à Antibes. Sur une hauteur dominant la mer, s’élève la villa Tanit dont le salon est célèbre. Ce salon a été et reste à certains jours le plus brillant de la région niçoise ; tous les écrivains illustres, tous les artistes en renom, de passage sur la Riviera y sont venus…… » . Du vivant de sa propriétaire, la villa était une sorte de musée à la mémoire de Flaubert.
Pour raisons financières, Mme Franklin Grout se sépare de la bibliothèque personnelle de Flaubert, meubles et livres et la lègue à l’écrivain Louis Bertrand, son voisin d’Antibes (1866-1941), un de ses proches amis à qui elle avait offert une parcelle de son terrain où il fit bâtir la Villa « La Salle ».
- Elle meurt le 2 février 1931 dans sa villa Tanit. Elle est enterrée à Antibes.
Elle lègue sa propriété à la Société des gens de lettres. Cette dernière ayant décliné le legs, la villa et le mas furent vendus au profit de cette Société et des hospices d’Antibes. Les biens mobiliers sont vendus aux enchères en avril 1931 à Antibes et en novembre 1931 à Paris ; Les revenus de la vente ont été partagés entre les héritiers Chevalley et Sabatier, et Louis Bertrand.  En 1936, Louis Bertrand cède livres et meubles à l’Académie Française contre une rente viagère; Il meurt en décembre 1941. Il est l’auteur de plusieurs publications, notamment l’ouvrage «  La Riviera que j’ai connue » dont le deuxième chapitre est consacré à Caroline Franklin-Grout.
Pendant la guerre, on transporte la bibliothèque au château Grimaldi et ce n’est qu’en 1952 , après de nombreuses démarches de la Société des Amis de Flaubert que la Ville de Canteleu en Normandie hérite des livres et meubles de Flaubert.

 

(Sources : notes du livre « Heures d’autrefois  - Gustave Flaubert par sa nièce Caroline Franklin Grout – publications de l’université de Rouen et site de la Ville de Canteleu – Bibliothèque de Flaubert)

 

- Avant que la Villa « ex Tanit » et rebaptisée Villa « Adrienne » devienne propriété de l’Association CCCS vers 1955, c'est-à-dire pour la période entre 1931 et 1955 je ne possède que peu d’informations.
La famille du Ministre Etienne CLEMENTEL (1864 – 1936) aurait été propriétaire de la Villa, selon les informations obtenues des anciens gardiens, M. et Mme Loiseau, encore en vie en 1957. Le Général de Gaulle y aurait séjourné.

- De plus, on peut supposer que le lien qui unit les personnalités de Mme Chevalley-Sabatier et M. Joseph FISERA et leurs actions pour sauver de nombreux enfants juifs pendant la guerre de 1939-1944 est l’OSE (œuvre de secours aux enfants). Ce lien pourrait expliquer l’histoire de la Villa Adrienne.

- D’une part, la nièce de Caroline Franklin-Grout, Lucie Chevalley Sabatier, née le 21 juillet 1882 au Petit- Quevilly et fille du Pasteur Sabatier, a été Présidente  entre 1932 et 1964 du Service social d’Aide aux Emigrants, œuvre privée reconnue d’utilité publique,   et de l’Entraide Temporaire constituée en 1941 qui agit à l’ombre de cette œuvre pour aider les familles des victimes de la guerre et qui se consacre à compter de 1942 au sauvetage des enfants juifs privés de leur parents, particulièrement le réseau Marcel dans la région de Nice et des Alpes Maritimes. (Source : lamaisondesevres.org)

- D’autre part, Joseph FISERA, Tchécoslovaque, (1912 – 2005), fils d’un instituteur protestant, après avoir passé plusieurs mois en Espagne pendant la guerre civile, se réfugie en France en 1938, puis dans la région de Marseille en 1941 et s’occupe de trouver des refuges pour les enfants réfugiés notamment ceux des mineurs tchèques travaillant en Belgique dont 60 % sont juifs.
Avec l’aide de nombreux pasteurs protestants des Alpes Maritimes, il crée  une organisation protestante, MACE (Maison d’Accueil Chrétienne pour Enfants) avec des financements venant de Genève, Londres et des Etats-Unis.   Il organise et gère des écoles pour filles, garçons et une crèche, avec l’aide d’une communauté d’enseignants et de bénévoles dans des locaux appartenant au pédagogue Célestin Freinet à Vence et dans une ferme abandonnée au Château de Vaugrenier à Villeneuve Loubet..
Quand les Italiens quittent la zone en septembre 1943 et que les Allemands occupent la zone libre devenue la zone sud, les arrestations et la chasse à l’homme et à l’enfant  commencent.
Une institutrice du MACE, Adrienne MONTAGUDE, originaire de la Creuse, organise le départ de 150  enfants pour le Château du Theil à Saint Aignant près Crocq . (Source : ushmm.org)

Parmi les personnes d’origine tchèque associées à l’action de Joseph FISERA, on peut citer Ida et Sam WETZLER, Pepik SUCHY qui seront après la guerre à l’origine de la création de l’association du CCCS.
La Villa Tanit aurait été rebaptisée Villa Adrienne en l’honneur d’Adrienne Montagude, Institutrice.
Le CCCS a œuvré au rapprochement des peuples et a organisé les premiers échanges franco-allemands après la création de l’office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) en 1963.

ORIGINES DE LA VILLA ADRIENNE AVENUE DE LA ROSTAGNE A ANTIBES

Ma recherche concerne la Villa Adrienne, précédemment Villa Tanit, située chemin de la Rostagne, puis 13 avenue de la Rostagne à compter de 1964 lors de l’élargissement de la route et l’abattage de plusieurs grands eucalyptus. La propriété s’étendait du chemin des Sables à l’Avenue de la Rostagne à droite du sentier de la vertu en montant.
Cette propriété a été vendue le 23 janvier 1984 et la Villa a été démolie avec la construction d’une résidence du nom de « HAPIMAG ».

En effet, mes parents Aline et Théo Quéré ont travaillé pour le  CCCS (Centre de coopération culturelle et sociale) à la Villa Adrienne de 1957 à 1972 en participant à l’animation et à la gestion de colonies de vacances, du Centre International de jeunes l’été puis du Centre d’études françaises et d’éducation populaire qui a fonctionné jusqu’en 1980.

D’après les résultats des recherches faites à partir des informations en ma possession, j’ai pu retracer  l’histoire de la Villa :

- A partir de 1893, Mme Caroline Commanville, nièce de Gustave Flaubert et amie de Guy de Maupassant, s’installe à Antibes, où elle achète un vaste terrain le 3 novembre 1894 à Mme Virginie GUIDE épouse MARTELLY et à Mme Marie GUIDE, épouse ROCA. Elle y fit construire une demeure la Villa Tanit et un mas (le mas Tanit). A la mort de son oncle en 1880, elle hérite de sa bibliothèque, dont une partie sera expédiée à Antibes dans sa villa Tanit. Veuve, elle devient en 1900 Mme Franklin-Grout.
Article de Pierre Borel, journaliste, paru dans l’Eclaireur de Nice et du Sud est en mars 1928 : « Depuis de longues années, Mme Caroline Franklin Grout, nièce de Gustave Flaubert, est l’hôte de la Côte d’Azur à Antibes. Sur une hauteur dominant la mer, s’élève la villa Tanit dont le salon est célèbre. Ce salon a été et reste à certains jours le plus brillant de la région niçoise ; tous les écrivains illustres, tous les artistes en renom, de passage sur la Riviera y sont venus…… » . Du vivant de sa propriétaire, la villa était une sorte de musée à la mémoire de Flaubert.
Pour raisons financières, Mme Franklin Grout se sépare de la bibliothèque personnelle de Flaubert, meubles et livres et la lègue à l’écrivain Louis Bertrand, son voisin d’Antibes (1866-1941), un de ses proches amis à qui elle avait offert une parcelle de son terrain où il fit bâtir la Villa « La Solle ».
- Elle meurt le 2 février 1931 dans sa villa Tanit. Elle est enterrée à Antibes.
Elle lègue sa propriété à la Société des gens de lettres. Cette dernière ayant décliné le legs, la villa et le mas furent vendus au profit de cette société et des hospices d’Antibes. Les biens mobiliers sont vendus aux enchères en avril 1931 à Antibes et en novembre 1931 à Paris ; Les revenus de la vente ont été partagés entre les héritiers Chevalley et Sabatier, et Louis Bertrand.  En 1936, Louis Bertrand cède livres et meubles à l’Académie Française contre une rente viagère; Il meurt en décembre 1941. Il est l’auteur de plusieurs publications, notamment l’ouvrage «  La Riviera que j’ai connue » dont le deuxième chapitre est consacré à Caroline Franklin-Grout.
Pendant la guerre, on transporte la bibliothèque au château Grimaldi et ce n’est qu’en 1952 , après de nombreuses démarches de la Société des Amis de Flaubert que la Ville de Canteleu en Normandie hérite des livres et meubles de Flaubert.

 

(Sources : notes du livre « Heures d’autrefois  - Gustave Flaubert par sa nièce Caroline Franklin Grout – publications de l’université de Rouen et site de la Ville de Canteleu – Bibliothèque de Flaubert)

 

Mme Gabrielle Adolphine Baron, épouse du Ministre Etienne CLEMENTEL (1864 – 1936) acquiert la Villa Tanit suite à l’adjudication des biens de la succession de Mme Caroline Franklin-Grout le 19/01/1933.
Elle en reste propriétaire jusqu’au 30/12/1955, date de la vente à l association du CCCS (Centre de Coopération Culturelle et Sociale) qui rebaptise la Villa  Tanit  en  Villa « Adrienne »  en l’honneur d’Adrienne MONTEGUDET, institutrice.

On peut supposer que le lien qui unit les personnalités de Mme Chevalley-Sabatier et M. Joseph FISERA et leurs actions pour sauver de nombreux enfants juifs pendant la guerre de 1939-1944 est l’OSE (œuvre de secours aux enfants). Ce lien pourrait expliquer l’histoire de la Villa Adrienne :

- D’une part, la nièce de Caroline Franklin-Grout, Lucie Chevalley Sabatier, née le 21 juillet 1882 au Petit- Quevilly et fille du Pasteur Sabatier, a été Présidente  entre 1932 et 1964 du Service social d’Aide aux Emigrants, œuvre privée reconnue d’utilité publique,   et de l’Entraide Temporaire constituée en 1941 qui agit à l’ombre de cette œuvre pour aider les familles des victimes de la guerre et qui se consacre à compter de 1942 au sauvetage des enfants juifs privés de leur parents, particulièrement le réseau Marcel dans la région de Nice et des Alpes Maritimes. (Source : lamaisondesevres.org)

- D’autre part, Joseph FISERA, Tchécoslovaque, (1912 – 2005), fils d’un instituteur protestant, après avoir passé plusieurs mois en Espagne pendant la guerre civile, se réfugie en France en 1938, puis dans la région de Marseille en 1941 et s’occupe de trouver des refuges pour les enfants réfugiés notamment ceux des mineurs tchèques travaillant en Belgique dont 60 % sont juifs.
Avec l’aide de nombreux pasteurs protestants des Alpes Maritimes, il crée  une organisation protestante, MACE (Maison d’Accueil Chrétienne pour Enfants) avec des financements venant de Genève, Londres et des Etats-Unis.   Il organise et gère des écoles pour filles, garçons et une crèche, avec l’aide d’une communauté d’enseignants et de bénévoles dans des locaux appartenant au pédagogue Célestin Freinet à Vence et dans une ferme abandonnée au Château de Vaugrenier à Villeneuve Loubet..
Quand les Italiens quittent la zone en septembre 1943 et que les Allemands occupent la zone libre devenue la zone sud, les arrestations et la chasse à l’homme et à l’enfant  commencent.
Une institutrice du MACE, Adrienne MONTEGUDET, originaire de la Creuse, organise le départ de 150  enfants pour le Château du Theil à Saint Agnant près Crocq.
(Sources : ushmm.org et Bulletin des «Amis de Freinet » N° 82 de mars 2005))

Parmi les personnes d’origine tchèque associées à l’action de Joseph FISERA, on peut citer Ida (née KOMINIK) et Samuel WETZLER, Joseph Pepik SUCHY qui seront après la guerre à l’origine de la création de l’association du CCCS, avec Max WELZER, qui en deviendra le directeur.

Le CCCS a œuvré au rapprochement des peuples et a organisé les premiers échanges franco-allemands après la guerre et particulièrement lors de la création de l’office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) en 1963.
[ancienne adresse du CCCS à Paris 26 rue Notre-dame des Victoires Paris 2ème]


Rozenn Bardou

A l’emplacement du Tanit était la propriété (5 ou 6 hectares) de l’amiral Barnaud du 19ème siècle ancienne famille du 18ème siècle
L’amiral Barnaud ramenait des plantes des contrées lointaines et les plantait dans sa propriété  une énorme propriété cachée par les arbres
Cf.  Tribunal de Commerce place Amiral Barnaud nommée ainsi pour honorer sa mémoire
A sa mort la gouvernante a eu l’usufruit  jusqu’a son décès
2 jarres allaient être cassées témoignage de J.P.  Bilger

0

0

0

0

0
0

  

Conférence de Jeanne Marie-Astoux (Présidente de Université des Savoirs d'Antibes Juan-les-Pins USAJ)


 « Caroline … Henriette … ou l’armoire de Flaubert à Antibes »
La nièce de Flaubert a vécu une trentaine d’années à Antibes en sa villa- jardin du Tanit. Nous évoquerons ces « heures d’autrefois » ainsi qu’une lettre de l’écrivain acquise par la ville et adressée à sa « Chère Henriette »…
                                            ***
 
 Photo 1 : Présentation. Merci et Bonsoir. Il me revient l’insigne honneur, selon la formule, de clore le programme de nos Cours commencé en Octobre dernier et que nous achevons en présence du Printemps. Nous sommes allés, au long de ces six mois, à la rencontre de thèmes et de personnages variés, de lieux proches ou lointains qui nous ont fait voyager ensemble tous azimuts de mardi en mardi.   
 Ce soir je vous propose au contraire de rester sur place, à Antibes même, puisque mon sujet s’attache à un petit moment du passé de notre ville, à une page plus exactement puisque j’ai choisi de vous lire une lettre, oui une lettre... On dit souvent aujourd’hui, avec un accent de regret dans la voix, que la Correspondance serait en voie de disparition, que l’ère de l’informatique - les e-mails, les SMS - aurait enterré le manuscrit ? Vaste débat que nous n’ouvrirons pas mais qui donne une raison de plus de s’enchanter de ce « Commerce des fantômes », ce « Discours des absents » que constitue l’échange épistolaire. J’emprunte ces deux termes à l’essai que Jean-PhilippeArrou-Vignod a consacré à quelques Correspondances célèbres de notre Histoire littéraire. Il y écrivait ceci : 
“Une lettre vous accueille, vous prend pour confident, vous répète à mi-voix ce qu’elle disait hier tout bas. Sans doute n’en êtes-vous pas le destinataire du moins est-elle adressée à quelqu’un. Vous n’avez fait que surprendre une conversation qui, n’était pas pour vous. Elle vous échappe un peu d’abord mais à peine l’avez-vous fréquentée qu’elle vous adopte. En un mot vous voilà possédé ». 
La lettre que je me propose de vous lire maintenant ne nous est pas parvenue par les bons soins de la poste, elle ne date pas d’hier, ni même d’avant-hier, mais du 18 avril 1852. Elle est adressée à une “Henriette”, une “Chère et bonne Henriette”, elle est signée ... Gustave Flaubert !  
Loin de moi l’idée, ni surtout la possibilité d’évoquer ce soir l’oeuvre magistrale de son auteur. Madame Grassi, venue le mois dernier nous parler de Maupassant, a consacré à l’œuvre flaubertienne un cycle complet il y a quelque temps à Nice, c’est un regret de n’avoir pu le suivre, bien sûr ... Se plonger dans l’incroyable Correspondance de l’ermite de Croisset demeure parfois une tentation de lecteur … Je garde pour ma part l’espoir d’y céder un jour …Mais l’on sait qu’elle se chiffre par milliers ! Près de 4000 lettres répertoriées dont la publication a donné lieu au fil du temps à un véritable travail de titan et à de belles publications qui mériteraient d’être citées. La dernière en date demeure celle de la Pléiade que vous pouvez aujourd’hui retrouver en cinq beaux volumes, le dernier ayant rejoint les autres en 2007 !...
Mais ce soir, il s’agit d’une lettre, une seule et unique lettre qui a le mérite d’être lue avec vous pour une raison toute particulière : elle nous appartient un peu à tous et à toutes en notre qualité de citoyens de la ville d’Antibes puisqu’elle a été acquise par notre Musée, nous verrons tout à l’heure de quelle manière. En effet, vous le savez peut-être, des liens inattendus et privilégiés ont rapproché notre cité méditerranéenne de l’ermite normand qu’était Gustave Flaubert par la présence toute proche de sa nièce Caroline qui, pendant trente années, vécut sous nos cieux, elle y est même enterrée. Grâce à elle nous disposons d’un trésor, discret il est vrai, mais non moins émouvant que je me propose de partager avec vous maintenant.  
La voici notre antiboise d’adoption.  
Photo 2   : La voici sur ce portrait, un peu cérémonieux, il s’agit d’un cliché photographique réalisé par Sébastien Robert qui se trouve à la Bibliothèque municipale de Rouen.  Photo3 : La voici en compagnie cette fois de son oncle figurant tous deux sur la  couverture du livre de souvenirs qu’elle eut elle-même à cœur de rédiger, à Antibes et intitulé « Heures d’autrefois. Mémoires inédits et Souvenirs intimes ».
 “Ces pages, y dit-elle en introduction, ne sont pas une biographie de Gustave Flaubert, ce sont de simples souvenirs, les miens et ceux que j’ai pu recueillir. La vie de mon oncle s’est passé tout entière dans l’intimité de la famille : la raconter c’est le faire aimer et estimer davantage. Je crois ainsi accomplir un devoir pieux en sa mémoire ».  Elle y conte sa propre naissance dans la Normandie familiale, en 1846, une naissance qui se situe, sombrement, entre deux morts. La mort d’Achille Flaubert, son grand-père et celle de sa propre mère, soeur de Flaubert, qui meurt d’une fièvre puerpérale quelques jours après l’avoir mise au monde. Son père en devient fou de douleur. « Je suis née dans les larmes » écrira-t-elle plus tard. Elle sera donc élevée par les soins de sa grand-mère et de son oncle Gustave qui la chérit à l’égal de l’enfant qu’il n’a pas eu. Seule rivale admise à son écriture quotidienne, c’est elle qui apportera à l’écrivain les satisfactions et les soucis du rôle de père. Cette enfant qui, selon les mots de l’oncle, “tette et crie” va se muer en élève, puis en nièce, puis en fille dans le même temps que l’écrivain se fait pour elle “son Gustave”, “son vieux”, son Ganachon”. Flaubert vit alors la plupart du temps à Croisset, sous les cieux pluvieux de Normandie enfermé “comme une huître”, selon ses propres mots dans son pavillon que vous pouvez voir aujourd’hui rénové si vous vous rendez sur les lieuxmais aussi sur quelques cartes postales de l’époque   Photo 4 : Photos 5 : Si vous avez le loisir de le faire, et que l’aventure vous tente, n’hésitez pas à ouvrir les pages du Journal des Frères Goncourt à la date du 29 octobre 1863.  Ils y  décrivent les lieux au plus près avec le souci du détail qui leur était propre, faisant allusion notamment – je cite « aux fenêtres donnant sur la Seine et à la table de travail de l’écrivain, grande table ronde à tapis vert où l'écrivain prend l'encre à un encrier qui a la forme d’un crapaud… ».     
Dans ce bureau, l’oncle y trompe son terrible ennui de vivre en travaillant avec acharnement à “L’Education sentimentale”,  à la future « Madame Bovary »  ou à l’un de ses célèbres Contes. Le Musée de Rouen ressuscite tout ce monde flaubertien, en voici quelques clichés qui émeuvent les visiteurs notamment, vous les voyez ici, Photos  6 :   l’encrier, la pipe mais aussi  Photo 7 : le fameux perroquet évoqué à la fin d’un des trois Contes « Un cœur simple ». Bien protégé sous sa cloche de verre à l’exception des photographes comme vous pouvez le constater… Fabrice Lucchini nous restitue cet émouvant récit avec sa verve toute particulière … On aime ou on n’aime pas, j’aime assez … Un écrivain anglo-saxon Julian Barnes a retenu à son tour le volatile : voulant rendre hommage à l’auteur français il le ressuscite dans un bel Essai intitulé le «  Perroquet de Flaubert »  sachant que l’écrivain en gardait un, empaillé sur son bureau, pendant qu’il écrivait son conte. Le doute subsiste néanmoins sur la véritable identité du volatile car le Musée, figurez-vous, en possède une collection importante !!! Peu importe, bien sûr, le seul vrai perroquet de l’affaire demeurant bien évidement celui conservé entre les pages d’ « Un coeur simple » que Félicité confond, à l’heure de mourir, avec le Saint-Esprit. 
L’oncle- écrivain, bien sûr, s’échappe de temps en temps vers Paris pour y retrouver Louise Collet, sa maîtresse, ou son grand ami Louis Bouilhet. De plus grands sauts, une année entière parfois, presque deux pour aller visiter l’Egypte notamment - qu’il parcourt à cheval -  et se “casse-péter »  selon sa formule dans les souks du Caire avec son ami Maxime du Camp. Caroline est sa joie et dès qu’il s’absente il lui écrit, ce qui nous vaut une Correspondance des plus charmantes entre oncle et nièce. Au fil des lettres, il la complimente sur son orthographe, lui donne des nouvelles de sa poupée Phipharo oubliée sous les arbres du jardin, prodigue mille conseils qui, selon ses mots, “sentent le vieux cheik” bref, un bel échange de tendresse délicieux entre “le vieux Ganachon” et sa “petit mérotte”. Non content de nourrir l’imagination de la petite fille, il l’éduque. « J’espère n’avoir fait d’elle, dira- t-il, ni une bourgeoise ni une cocotte ». Il lui reprochait parfois de conserver la tête froide : « Caroline, clamait-il, tu es totalement dénuée de lyrisme ». Je ne résiste pas à l’envie de vous lire un petit extrait des “Souvenirs d’autrefois” en nous posant un instant dans le salon familial Photo 8 :
“Allons, disait mon oncle, viens à la leçon, ma Caro et m’entraînant, nous entrions tous deux dans le large cabinet où les persiennes soigneusement closes n’avaient pas laissé pénétrer la chaleur. Il y faisait bon, on y respirait une odeur de chapelets orientaux mêlée à celle du tabac et à un reste de parfums venant du cabinet de toilette. D’un bond, je m’élançais sur une grande peau d’ours blanc que j’adorais; je couvrais sa tête de baisers. Mon oncle, pendant ce temps-là, remettait sa  pipe sur la cheminée, en bourrait une autre, l’allumait, puis s’asseyait sur un fauteuil de cuir vert, se renversait en arrière, prenait une lime et se polissait les ongles. “Voyons, y es-tu ? Eh bien, que te rappelles-tu d’hier ? - Oh ! je sais très bien l’histoire de Pélopidas et d’Epaminondas. - Raconte alors”. Naturellement je m’embrouillais ou j’avais oublié. “Je vais te la redire “. Je m’approchais sur une chaise longue ou sur le divan et j’écoutais avec un intérêt palpitant les récits qu’il rendait pour moi si amusants”. Nous la voyons ainsi grandir entourée de grands hommes, qui n’ont jamais été pour elle que les amis de son oncle, d’institutrices anglaises qui font d’elle une femme cultivée et polyglotte. Elle s’adonne au piano et surtout à la peinture, sa prédilection. Elle s’y avère très douée. «  Ma nièce dessine et peint à s’en rendre malade ; dans deux ou trois ans, elle aura un vrai talent » écrit Flaubert  à son ami des Genettes. A défaut de pouvoir écouter une volée d’arpèges de sa main, voici quelques œuvres où elle immortalise son cadre de vie Photo 9 : Plus tard ce seront des portraits très réussis, notamment ceux de son oncle, en voici deux  Photo 10 : ce sont des dessins de la main de Caroline, gravés ensuite par Toussaint, on peut les voir à la Bibliothèque de Rouen.   Elle voyage néanmoins en compagnie de sa grand-mère, en France, en Angleterre, connaît une première idylle très chaste. Plus tard, “on” la fiance et en 1864, on la marie à Ernest Commanville, mariage malheureux, sans enfant (elle n’en veut pas). Elle reviendra plus tard sur la souffrance que fut pour elle cette union,  «  Jeune femme sacrifiée dans l’acte le plus important de la vie, première tragédie de mon âme”écrira-t-elle. Plus tard, au cours d’une cure à Luchon avec Gustave Flaubert, elle rencontrera le véritable amour  sur lequel elle reste très discrète. Juste quelques lignes dans les « Heures d’autrefois » qu’elle conclue ainsi «  Je commis toutes les imprudences mais ne tombai point, la grande loi de ma vie m’arrêta. Mon oncle sut ma blessure et c’est près de lui que je continuais à trouver ce dont j’avais besoin ».  La situation financière de plus en plus déplorable de ce gendre menace ensuite de ruiner la famille. Marchand de bois acculé à la faillite par suite de mauvaise gestion, aggravée par les retombées économiques de la guerre de 1870 peut-être aussi, il plonge Flaubert dans un quasi désespoir. Par amour de sa nièce, l’écrivain sauvera ce qu’il peut mais cette situation empoisonnera en tout cas ses dernières années. L’ultime lettre qu’il adresse à Caroline est datée du 1er avril 1880. Il la complimente pour son admission au Salon parisien où les deux portraits qu’elle avait présentés à la sélection furent reçus. En voici un, par exemple, également au Musée de Rouen : Photo 11 : Sa lettre revient surtout sur les dettes de son mari et la fatigue que lui occasionne l’élaboration de « Bouvard et Pécuchet ».  « J’avance bien lentement dans mon travail étant éreinté jusqu’à la moelle, il est temps que çà finisse ». Le manuscrit, on le sait, reste inachevé puisque Flaubert meurt le mois suivant, le 8 mai 1880. Caroline a 34 ans. C’est alors qu’elle va sortir de l’anonymat et devenir en tant qu’héritière et légataire universelle de tous les écrits de son oncle, la gardienne autorisée de ce capital littéraire inestimable. Photo 12 
 Elle vend Croisset, la maison natale de Flaubert, elle va gérer avec soin la publication complète de certains manuscrits et, plus délicate encore, celle de l’immense Correspondance, et  ce dès 1883. L’opinion autour d’elle était alors très partagée pour ne citer que son ami Guy de Maupassant à qui elle fait état de ses intentions et qui lui  aurait répondu « Je crois qu’il ne faut jamais publier les choses qui n’ont pas été faites pour l’être ». On sait, par ailleurs, que G.F. était désireux de préserver sa vie intime en appliquant à sa biographie le principe d’impersonnalité qui régit l’écriture de sa fiction. Il avait donc organisé lui-même la destruction d’une partie des lettres qu’il avait reçues, en accord avec certains de ses correspondants. Il aurait voulu être enterré avec ses manuscrits, « comme un barbare avec son cheval » mais il n’y avait pas la place pour deux, dit l’histoire…   Face à la somme d’une telle Correspondance, il est vrai, Caroline fut tentée de n’en publier qu’une partie mais un tel projet lui parût vite mal venu impliquant un choix difficilement acceptable.  « J’ai réfléchi et me suis convaincue que, tôt ou tard, les lettres de mon oncle étaient destinées à être publiées  et qu’il me revenait à moi sa fille adoptive d’accomplir cette tâche délicate et de discerner, sinon par intelligence, du moins par mon amour filial si complet, ce qu’il convenait d’éditer de la Correspondance. Je puis affirmer que c’est avec la croyance absolue d’honorer la mémoire de mon oncle que je fus entraînée à cette publication ». De toutes façons, nous n’entrerons pas ce soir dans les détails de la succession Flaubertienne, c’est une aventure bien délicate qui s’échelonna sur un laps de temps important : on risquerait de commettre beaucoup d’erreurs !   
Remercions simplement Caroline  et, puisque tel est notre sujet, demeurons en sa compagnie … Photo 13 : sous les cieux gris de Normandie où, en 1890, décède son mari, Ernest Commanville. Il faut imaginer sa solitude : elle a maintenant perdu tous les siens,  ses parents, sa grand-mère, son oncle, la plupart des amis de ce dernier. Le bleu de la Côte d’Azur et d’Antibes va devenir alors une tentation … C’est donc peu avant le tournant du siècle qu’elle y  fait quelques petits séjours, se décidant enfin à acheter un terrain au Cap d’Antibes pour y construire une demeure. Son idée de départ étant d’y accueillir quelques pensionnaires intérimaires. Elle avait été sensible aux conseils de Juliette Adam, grande amie de Flaubert, fondatrice de la « Nouvelle Revue » qui, petite parenthèse, publiera en 1881à titre posthume le manuscrit de Bouvard et Pécuchet. Son ami Guy de Maupassant, lui aussi, l’y avait incitée vantant les beautés de notre côte : “Bien des fois, écrit-t-elle, il m’a entretenue de son amour pour le Midi, de l’existence sous le soleil et en mer. Je crois que le souvenir de ses descriptions d’Antibes a du, bien longtemps après, influencer mon achat d’un terrain touchant celui de la Villa du Bosquet où il a habité. Photo 14 :
Dans l’émouvante Nouvelle intitulée Madame Parisse, le talent descriptif de Maupassant évoquant notre ville au soleil couchant enfermée en ses lourdes murailles n’est plus à prouver : «  Je n’avais jamais rien vu d’aussi surprenant et d’aussi beau » … nous connaissons tous cela presque par coeur bien sûr …  Le récit entier mérite d’être relu ! Je vous avouerai pour ma part qu’il m’arrive parfois de croiser sur la plage de la Salis l’ombre de cette Dame Parisse et de sa brève et triste aventure avec le bel officier volage…
 Maupassant meurt en 1893 - ils ne se croiseront donc pas sous nos cieux - mais il a convaincu Caroline de rejoindre nos rivages.  Notre ami Jean - qui est dans la salle -   m’a confié une lettre adressée à son grand père, Monsieur Muterse. Je vous avais annoncé une lettre de Flaubert  mais, vous le voyez,  comme les trains, une lettre peut en cacher une autre … celle-ci est signée Madame de Maupassant, elle est postée de Nice, en date du 5 janvier 1894 ce qui semble correspondre au moment où notre nièce commence à envisager son installation sur antiboise. Il en est en effet question.  
«  Cher Monsieur et ami,
J’ai laissé passer de longs mois sans  répondre à la lettre si cordiale, si excellente que vous m’avez adressée en juillet dernier. La perte de mon cher fils Guy a achevé de briser ma vie et l’état de torpeur dans lequel je suis plongée ne me permet plus guère de tenir ma plume.
Une de mes meilleures amies, Madame Commanville, nièce de Gustave Flaubert, a habité la Villa Ste. Anne au Cap d’Antibes une partie de l’automne dernier ; je pense qu’elle sera de nouveau votre voisine vers la fin de janvier et séjournera pendant quelques mois sur votre beau rivage. C’est une aimable et charmante femme que je serais très heureuse de présenter à madame Muterse.  Si vous vouliez bien de ma part lui en demander la permission, Madame Commanville m’ayant demandé si j’avais à Antibes d’agréables relations, je n’ai pas besoin de vous dire quel nom est venu le premier sur mes lèvres ». Jean, tu entends …
   Caroline achète donc une partie d’un terrain  appartenant, non  à l’Amiral Barnaud comme je le pensais à l’origine mais,    à Charles-Victor Martelly qui doit avoir des descendants aujourd’hui à Antibes. Je remercie Michèle Froissard d’avoir plongé dans les Archives municipales pour me fournir cette précision.  A l’époque de Caroline, cette propriété est localisée tout au fond et en haut de l’Avenue des Chênes, dans une impasse qui rejoint l’Avenue de la Rostagne à la hauteur de ce qui correspond aujourd’hui au 13 de l’Avenue de la Rostagne et de son ensemble immobilier portant le nom de « Happymag ». Voici le plan du quartier Photo 15 : et l’emplacement au niveau du petit point rouge qu’occupait le domaine de notre nièce. Vous pouvez aujourd’hui vous y rendre en empruntant un petit chemin montant queles Antibois de souche évoquent souvent sous le nom charmant de « Sentier de la vertu ».  Promenade pour les amoureux surnommée ainsi, selon Monsieur Tosan dans son Dictionnaire des rues d’Antibes, car, dit-on, « la vertu y avait tôt fait d’y chanceler »…
Bref … En 1900 Caroline se remarie avec le Docteur  Franklin-Grout, ancien psychiatre parisien réputé qui avait soigné notamment Guy de Maupassant dans les dernières années de sa vie. Bonheur cette fois. Ils étaient amis d’enfance et, la cinquantaine passée, se séduisirent comme deux adolescents amoureux qu’ils furent peut-être, se glissant des billets dans les livres qu’ils se prêtaient. A l’automne 1900, dans l’un d’eux, Quo Vadis, Caroline trouva la demande en mariage de Franklin. Et c’est avec ce bon Docteur qu’elle vivra sous nos cieux, partageant notre sort d’heureux habitants d’Antibes. Elle approche alors de la soixantaine, Photo 16 : de beaux yeux bleus, des cheveux grisonnants, des bijoux discrets, ses voisins l’appellent « Madame Tanit », du nom dont elle a baptisé sa demeure antiboise  - on ne s’en étonnera pas - en souvenir de la Déesse carthaginoise et du roman « Salammbô » publié par Flaubert en 1862.  
En fait, c’est en 1857, quelques mois après avoir gagné le procès intenté contre Madame Bovaryque Flaubert avait fait part dans sa correspondance du désir de s’extirper  du monde contemporain pour travailler à un roman dont l’action se déroulerait trois siècles avant Jésus-Christ. On sait son amour pour l’Orient et notamment pour l’ Egypte qu’il avait parcourue avec son grand ami Maxime du Camp.   Photo 17 :
Mais au Printemps 1858, c’est à Tunis qu’il se rend pour s’imprégner du cadre de son nouveau récit, restituer la couleur locale de ce monde antique et bâtir une intrigue qui, bien que relevant de la fiction, se nourrit des textes anciens notamment ceux de Pline, Xénophon et Plutarque. Caroline n’a alors qu’une dizaine d’années, mais il lui envoie quelques courriers et bien sûr, au retour, lui raconte …  Elle s’en souviendra  au moment de baptiser son domaine antibois. Lit-on encore aujourd’hui cette œuvre foisonnante et brillante ? Photo 18 :Et pourtant, qui n’a fantasmé à la lecture des premières lignes : « C’était à Mégara faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. La nuit tombait … ».  
 En hommage à la Villa Tanit,  je vous propose d’aller saluer cette grande dame de Carthage, la déesse Tanit dont le culte,  pratiqué à l’origine par les Phéniciens d’Orient, pénètre  en Méditerranée occidentale et en premier lieu à Carthagedont elle devient la déesse tutélaire veillant à la fécondité, aux naissances, à la croissance. Son signe, que l’on retrouve très fréquemment sur les stèles représente une silhouette les bras levés au ciel, tel que vous pouvez en voir un exemple ici. Photo 19 :Certains voient dans la croix d'Agadez la préservation du signe de Tanit. Elle serait par ailleurs assimilée à Astarté chez les Phéniciens, à Vénus chez les Romains, Aphrodite chez les Grecs, Isis chez les Egyptiens, Mylitta chez les Chaldéens d'Assyrie. Bref, je vous renvoie pour plus de détails à Marie-Claude Méliès notre grande spécialiste des mondes antiques… C’est dans ce cadre, et au 4ème siècle avant J.C. que le génie de Flaubert ressuscite une révolte de mercenaires contre Carthage faisant suite à la première guerre punique. Fêtant la fin des hostilités dans les jardins d’Hamilcar, échauffés par son absence et par le souvenir des injustices qu’ils ont subies les dits mercenaires ravagent sa propriété. Salammbô, sa fille, descend alors du palais pour faire régner le calme…  Photos  20 : Je n’en dirai pas davantage, vous êtes  tous des lecteurs très érudits et vous connaissez sûrement mieux que moi cette histoire de passion et de mort, somptueuse réalisation des fantasmes orientaux de leur auteur. Mais savez-vous -petit détail- qu’en Tunisie  aujourd’hui se déroule chaque année un important festival du film, frère de notre Festival voisin... répondant au nom de Journées cinématographiques de Carthage (JCC) Elle se déroulent en fait désormais à Tunis et à l’image des Palmes de Cannes,  des Lions d’or de Venise, ou encore des Ours de Berlin, les vainqueurs se voient décerner ici des  « Tanit d’or », «  d’argent » ou «de « bronze ».  
Mais revenons vers la Côte méditerranéenne qui est la nôtre et vers la Villa Tanit qui, aux dires de Caroline, se composait d’une maison de style gothique et d’un petit mas contigu à l’allure moyenâgeuse. Le tout, bien sûr, au cœur d’un beau jardin empli de fleurs qui figurent sur la plupart de ses aquarelles, la passion de la peinture ne l’ayant pas quittée. Pour la petite histoire, je vous propose une courte parenthèse sous la forme d’une visite au Musée Picasso, à l’étage réservé au Maître qui y vécut l’année 1946, en compagnie de Françoise Gillot, vous savez tout cela. Mais savez-vous qu’une toile de notre illustre nièce servit alors de support à une oeuvre de Picasso ? Il était  coutumier du fait en ces temps de guerre, de manque d’argent incitant à l’économie … Il ne fut pas le seul à le faire ! Regardez, nous voici devant cette œuvre que vous connaissez bien, Photo 21 : intitulée “Nature morte aux volets noirs”. Eh bien, ayons une pensée pour la « Jeune femme au panier » peinte en dessous, un jour, par Caroline s’inspirant des fleurs de son jardin antibois. Danièle Giraudy, que vous connaissez tous, grande experte en l’analyse des œuvres d’Art pourrait vous en parler et nous expliquer longuement comment opère cette technique à base de fluorescence aux rayons x. Mais elle nous  dirait aussi avec émotion que figure même, derrière ces volets noirs, dans ce jardin « enseveli » un adorable petit chat ! Peut-être l’entendrons-nous si nous prêtons l’oreille?.. Je signale, au passage et hors sujet, que « Le gobeur d’oursins »  voisin recouvre, lui, le portrait du Général Vandenberg, dont vous fréquentez souvent la rue. Ces découvertes de tableaux superposés sont, du reste, légions, découvertes parfois anecdotiques comme ici, parfois plus importantes pour la connaissance du cheminement d’un artiste. Lorsque de telles techniques sont appliquées l’œuvre porte alors la mention « sur toile réutilisée ».
 Quant à l’intérieur de la Villa Tanit, vous l’imaginez bien,  il s’apparentait à une sorte de musée à la mémoire du grand oncle. Nous possédons un descriptif des lieux, plus précisément du salon- bibliothèque  extrait du Monde illustré de 1908 signé de la main de Henri Steckel, grand ami de la famille. Sans image malheureusement  mais dont celle du Musée de Rouen peut donner une idée  Photo 22 :
  «  Le salon de la Villa Tanit, à Antibes, est vaste et haut. Deux pianos à queue y tiennent à l’aise, sa cheminée de chêne sculpté se couronne d’un manteau monumental et c’est à peine si l’on s’aperçoit que çà et là, dans les angles ou devant les fenêtres, les palmiers s’épanouissent grands comme des arbres. Sur une table un gros in-folio somptueusement relié et portant, frappées en or sur son plat supérieur, les initiales entrelacées de Gustave Flaubert et de Maxime Du Camp.  .Derrière la table, dans un coin, se dresse le buste en marbre de la soeur du romancier, la mère de Mme Grout. Des tableaux portent des signatures célèbres. L’un d'eux, une très belle étude de nu, est de la maîtresse de maison. Tout le panneau du fond est occupé par la bibliothèque à torsades de chêne, aménagée en placards vitrés aujourd'hui coupée en deux, que Flaubert avait à Croisset, dans son cabinet de travail. C'est là que sont enfermés les manuscrits de Flaubert. La perle étant l’édition originale de MadameBovary donnée à sa mère par le romancier. Le docteurGrout, dont la complaisance est inlassable, y a placé quelques oeuvres : Madame Bovary, La Tentation de Saint Antoine, Salammbô, L’Education sentimentale. J'évoque alors, poursuit le chroniqueur,  le grand cabinet de Flaubert à Croisset,le vaste silence de ses nuits laborieuses qu'il emplissait, à intervalles, du fracas de son « gueuloir » légendaire martelant quelque période éclatante et cadencée.  A l’étage Mme Grout a réuni tous les brouillons de son oncle, il y en a des liasses ». Au passage, voyez, combien sont fascinants ces carnets de notes Photos 23 et 24 : et ces pages manuscrites travaillés inlassablement.   
J’abrège la visite de notre cicerone enthousiaste qui se termine ainsi (écoutez bien cela ) :  « Si l'on se rappelle que le pavillon de Croisset, aménagé en officiel musée Flaubert ne contient guère que de rares objets familiers, je pense, conclut-il, je pense en avoir dit suffisamment sur la villa Tanit pour montrer que c'est bien à Antibes et non à Croisset, que se trouve le véritable musée Flaubert ». Il le fut donc à l’époque.   
 Les journaux, les gazettes  d’alors   racontent que le salon de la Villa de Caroline ne désemplissait guère  avec, en figure de proue, Juliette Adam l’infatigable mondaine. Avec surtout le bon docteur, mari modèle qui jouait du violon et du violoncelle et avait, dit-on, pour les menus travaux des doigts de fée. On dit qu’il se livrait des heures entières à la recopie des manuscrits du maître. Caroline le rabrouait souvent, lui interdisant notamment de fumer plus d’une pipe par jour. Il meurt néanmoins, elle lui survivra une dizaine d’années encore  son salon continuant à être un lieu bien fréquenté. Ecoutons les gazettes de l’époque  - 1928 - sous la plume de Pierre Borel : « Depuis de longues années, Madame Franklin-Grout, nièce de Flaubert, est l’hôte de la Côte d’Azur, à Antibes. Photo 25 : Sur une hauteur dominant la mer, s’élève la Villa Tanit dont le salon est célèbre. Il a été et reste à certains jours le plus brillant de la région niçoise. Tous les écrivains illustres, les artistes en renom de passage sur la Riviera y sont venus. Femme du monde d’une activité surprenante, sa nièce s’est faite la gardienne autorisée de son oncle. Avec la plus noble discrétion, elle entretient le culte du Maître ». Un autre texte lui fait l’écho, je ne résiste pas à l’envie de vous en faire lecture, il m’a charmé tout en me donnant l’impression de jouer à la petite souris regardant par le trou de la serrure … « Madame Franklin-Grout habite au Cap d’Antibes une très belle Villa qu’elle a fait construire il y a plusieurs années. Du haut des balcons de pierre flagellés de mistral, le coup d’œil y est d’une magnificence sans égal. (écoutez le style !)D’un côté, le Golfe de Nice arrondit sa courbe jusqu’aux derniers poudroiements bleuâtres du Cap St. Jean. De l’autre, le Golfe-Juan étend sa nappe lumineuse jusqu’au lointain port de Cannes. Les habitués du salon de la rue d’Alboni et de l’Avenue Victor Hugo connaissent le chemin de la Villa Tanit. M’y trouvant un soir d’hiver, poursuit Pierre Borel, j’aperçus en entrant l’impeccable Dominicain qu’est le Père Didon au milieu de ces dames. Elles l’entouraient de petits soins attentifs et le couvaient comme avec des ailes de leurs murmures flatteurs ». Fin de citation.
Mais qui était ce  père Didon ?  Il se nomme Henri Didon, il est né en 1840 et reste célèbre entre autre pour avoir  contribué avec son ami Pierre de Coubertin,  à la promotion de l’éducation sportive en France à la fin du 19ème siècle ! En 1891 exactement il est l’auteur -excusez du peu- de la devise olympique. Curieux de tout, passionné de sciences, fin lettré il devint le religieux choyé des milieux mondains de l’époque et, aux heures difficiles de Caroline son directeur de conscience. « Elle s’est entichée depuis peu d’un prêtre, le Père Didon, avait écrit son oncle moqueur, et entretient avec lui une correspondance édifiante ». Petit détail amusant qui permet de mesurer la célébrité du personnage : dans l’un de ses Contes intitulé « La Moustache » Maupassant fait dire à son héroïne «  Je n’aurais jamais de faiblesse pour un cabotin, ni pour un prédicateur, fût-il le Père Didon, le plus séduisant de tous ». C’est donc bien lui que par le trou de la serrure, des années plus tard, nous surprenons fumant un cigare en  compagnie de gentes dames reçues dans le salon de la Villa Tanit… On raconte qu’à l’époque des publications flaubertiennes, le Dominicain aurait conseillé à son ouaille d’expurger les textes flaubertiens trop intimes, notamment les lettres d’amour à sa maîtresse Louise Colet. Remercions-  la  d’avoir eu moins de scrupules …
Mais les années passent et peu à peu, le monde que « Madame Tanit » avait connu s’évanouit. Tant qu’elle le put, elle continua, dit-on, ses longues promenades le long de la route du  Cap. Elle lisait ou relisait son oncle mais aussi Renan ou « Les affinités électives » de Goethe. photo 26 :
Elle meurt à Antibes le 2 février 1931, à l’âge de 85 ans. Elle y est enterrée.Un temps, Caroline avait souhaité qu’après elle son domaine antibois devienne une maison de retraite pour femmes écrivains. Elle s’était finalement décidée à léguer  la fameuse bibliothèque à son voisin Louis Bertrand académicien de son état qui lui consacrera plus tard quelque chapitre de son ouvrage « La Riviera que j’ai connue ».  Il interviendra pour la faire revenir en son lieu normand d’origine et l’immense « Fond Flaubert » sera réparti en divers lieux selon les dispositions testamentaires de Caroline : la Société des Gens de Lettres, la Bibliothèque Nationale, la Bibliothèque de Lovenjoul à Chantilly, le Musée Carnavalet à Paris, le Musée de Canteleu près de Croisset, et ... bien sûr notre Château Grimaldi devenu Musée Grimaldi depuis son achat par la ville en 1925. En 1941, période de guerre peu propice aux transports d’objets précieux, la bibliothèque, l’armoire de Flaubert attendra donc  à l’abri à Antibes dans ce lieu qui, bien évidemment, n’a pas encore reçu la visite de Picasso ...  Puis souvenirs, reliques et manuscrits flaubertiens quitteront nos rives pour gagner Rouen, Paris, et autres lieux.
 Du vivant même de Madame Tanit plusieurs ventes d’autographes ou objets ont donc lieu à l’époque de la main à la main entre elle et quelques collectionneurs privés. Elle estimait que de tels souvenirs ainsi conservés seraient plus choyés, plus exaltés que dans les Bibliothèques publiques  enrichies déjà par les manuscrits les plus importants. Lors de la première vente à Antibes, elle fut confortée par l’intérêt remporté auprès de nombreux lettrés de notre pays et de certains pays étrangers. D’autres ventes auront lieu après sa mort, dont la première se déroulera à la Villa Tanit, les 28, 29, 30 avril 1931. Je suis sûre qu’aujourd’hui encore certaines familles antiboises conservent quelques attachantes reliques flaubertiennes.Mais l’exploitation intellectuelle des manuscrits ne commencera véritablement qu’après le décès de Caroline Franklin Grout en 1931, et donc, comme elle l’avait stipulé, une fois écoulé le délai de 50 ans après la mort de Flaubert.
Au fil du temps l’immense Correspondance donnera lieu à plusieurs éditions : les volumes de l’Edition Conard, orthographié parfois par politesse je suppose Cunard… celle aussi du Club de l’Honnête homme qui furent un temps la référence des références. Aujourd’hui Photo 27 : la Pléïade les a supplantées avec ses cinq beaux volumes. Sachez aussi qu’aujourd’hui vous pouvez en consulter l’intégralité sur Internet. C’est ainsi - nous y arrivons enfin - que vous découvrirez la lettre antiboise qui nous appartient et que j’avais envie de vous lire. Elle a rejoint le « Fonds Flaubert » déposé à l’origine dans les mains de Monsieur Dor de la Souchère en sa qualité de premier conservateur du Musée Grimaldi. Plus tard, grâce à Danièle Giraudy, Conservateur à son tour du Musée devenu Musée Picasso, nous avons eu le bonheur de le découvrir dans les Salons d’Eilen-Roc, c’est le souvenir vivace que j’en garde.  Photo 28 : Certains d’entre vous peut-être aussi ? Tout ce patrimoine émouvant se trouve actuellement dans les réserves  de la Bibliothèque du Musée. Je remercie Monsieur Andral, Conservateur et ses adjointes des  clichés que j’ai pu y prendre.   
 Et voici quelques  uns :  
Photo 29 : Le buste de Madame Flaubert, mère de l’écrivain, exécuté en 1873 par Ernest Guilbert. Et celui de Caroline Hamard, née Flaubert, soeur de l’écrivain qui meurt en 1846 peu  après la naissance de sa fille Caroline.
Photo 30 : - Le moulage du masque mortuaire  de Flaubert mais aussi ceux de ses parents. Réalisés par le sculpteur James Pradier. 
Photo31 : Un portrait et un buste de Louise Collet, maîtresse de l’écrivain.   
 S’y trouvent aussi quelques tableaux dont :  
- Un portrait de Caroline Flaubert à l’âge de 7 ans, oeuvre de Eustache Langlois.
- Un portrait de Gustave Flaubert enfant dit «  au ruban vert » peint en 1830 par un anonyme.
- Un portrait d’Achille Flaubert jeune homme, le frère, peint en 1835  par un anonyme;
 Photos 32 : Un portrait de Gustave Flaubert réalisé par Caroline, au crayon noir, d’après une photo de Nadar. Enfin, dans un joli cadre ovale, un portrait daté de 1840 Photo 33 qui représente une jeune femme appuyée sur un coussin clair, vêtue d’une robe couleur châtaigne et coiffée d’une longue tresse qui descend le long de son corps. Photo 34  : regardons-la bien, admirons-la puisque c’est à cette jeune et langoureuse beauté que Flaubert adresse une lettre, la fameuse lettre que je vous annonce depuis le début. Comment elle nous est parvenue,  je me dois de vous le préciser. Eh bien,  selon l’expression même de Danièle Giraudy, comme une « cerise sur le gâteau » venue rejoindre notre Fonds Flaubert par l’achat du manuscrit qu’elle en effectue en séance publique à l’Hôtel Drouot le  30 juin 1987. Elle y demeure désormais. Danièle me confirme aussi que le chevalet de Flaubert avait été offert en 1946 à Françoise Gilot par Monsieur Dor de la Souchère. Plus tard, le Maire de l’époque aurait, lui, offert à François Mitterand quelques dessins de Picasso destinés à de lointaines Princesses Thaïlandaises…L’histoire n’en dit pas davantage…
Depuis, vous savez qu’une loi a été votée, le 4 janvier 2002 exactement assurant l’inaliénabilité des œuvres d’Art,  ménageant leurs possibilités de leur circulation à l’intérieur du réseau des Musées de France. Plus récemment, en février 2008 le rapport de Jacques Rigaud a réaffirmé ce principe en soulignant la mission de service public de ces institutions. Danièle peut dormir tranquille, nous aussi  … et espérer même que Françoise Gilot respectera un jour sa promesse de restituer, de nous restituer le chevalet de Flaubert …
Venons-en donc à la lettre, cette lettre « antiboise » que nous possédons depuis l’année 1987, bien à l’abri dans son cadre doré.   
 Gustave Flaubert la dépose à la poste de Croisset le 18 avril 1852. Henriette à qui elle est adressée la reçoit quelques jours plus tard en Angleterre où elle réside alors. Deux lettres précédentes avaient été échangées entre eux, il y en aura encore cinq soit huit lettres en tout de l’ermite de Croisset à cette amie de jeunesse.

 

Croisset, Dimanche 18 avril 1852 Photo 35 :

Que je vous remercie donc du fond du coeur ! Que j’embrasse vos mains ! chère et bonne Henriette. J’ai reçu avant hier votre portrait. Il y a longtemps que quelque chose ne m’avait fait autant de plaisir. Depuis que je l’ai je le regarde à toute minute. Je m’en vais le mettre à côté de ma cheminée, au-dessus de la place où je m’assois pour fumer et pour penser. Il sera tout près d’une vue d’Egypte et non loin du buste de ma soeur. Vous allez, chère Henriette, devenir un des hôtes de ma vie silencieuse. Votre visage, que j’aimais tant, va me regarder toute l’année.
Quand Monsieur Rossi vous a fait, je suis venu un jour chez vous - et je vous lisais Atala pendant qu’il travaillait, vous en souvenez-vous ? Je vous vois toujours ainsi couchée sur votre lit, tournant le dos à la cheminée et regardant les voitures qui passaient sur le Rond-Point.
Que devenez-vous maintenant ? Que faites-vous de la vie? Avez-vous des projets ? Viendrez-vous en France cette année ? Prévoyez-vous un temps quelconque où vous y reviendrez vivre et le désirez-vous ?
Ma petite nièce vous a reconnue, ou devinée (elle a alors six ans) en tout cas, elle vous a nommée. Je crois que cette enfant aura de l’esprit. Elle égaie toute la maison par sa gentillesse. Son institutrice (anglaise) l’élève bien et ne la gâte pas - elle la bouscule même quelquefois, car elle déteste la France, tout ce qui est français, et au fond du coeur, je crois, méprise profondément les bons bourgeois chez lesquels elle vit. She is very proud.
Il est possible que cet été nous allions quelques jours à Trouville. Mais on l’a bien changé notre Trouville. La dernière fois que j’y suis allé, il y a cinq ans, j’ai eu du mal à m’y reconnaître, tant les embellissements l’ont gâté, et tant le beau monde le salit. Il n’y a rien de plus triste que de revoir après longtemps les endroits où l’on a été joyeux. S’ils sont restés les mêmes, leur tranquillité vous semble une injure, s’ils ont changé au contraire elle vous paraît un oubli. Je ne reverrai donc votre maison et la place sur la dune où vous étiez au soleil, avec ce manteau d’hermine blanche sur les pieds.
Savez-vous que ma mère aime tellement votre portrait qu’elle a eu le toupet, comme on dit en français, de me demander si je voulais le mettre dans son salon, pour l’embellir ? Je me suis complètement refusé à cette complaisance.
Adieu, pensez à moi. Souvenez-vous toujours de votre vieil ami qui vous envoie mille choses tendres, de l’autre côté de l’eau.
Encore une fois à vous. Amitié à Clemy.
Gustave Flaubert
 Suit un P.S. Je continue donc ….
Je reçois ce matin même votre bonne lettre, comme la mienne allait partir. J’ai lu votre anglais couramment ou à peu près. Ecrivez-moi donc en anglais ou en français, peu m’importe, pourvu que vous m’écriviez, et le plus longuement possible.
Ne quittez pas votre père, puisqu’il a besoin de votre surveillance comme vous dites, mais êtes-vous sûre que cela serve à quelque chose ? Et que vous puissiez toujours le retenir ? Avez-vous quelquefois des nouvelles de Gertrude ?
Merci, bonne Henriette, des conseils que vous me donnez pour ma santé, mais elle est bonne à présent. L’Orient m’a remis les nerfs. Le travail, du reste, ne m’a jamais fatigué.
J’ai le coffre bon, comme on dit. Il n’y a en moi que deux choses qui s’en vont, les cheveux et la gaieté. Tout le reste ne bouge.
Adieu, portez-vous bien. Tâchez de n’être point triste.
Encore une longue poignée de main à vous.
Amitiés à Clémy

Voilà…    Revenons un instant, si vous le voulez, sur ce lien qui unit alors Gustave Flaubert et la jeune anglaise répondant au prénom d’Henriette. En voici l’histoire.
En 1842, dix ans avant qu’il n’écrive cette lettre, le jeune Gustave Flaubert alors en vacances à Trouville - il y allait avec sa mère depuis l’âge de quatorze ans -  s’est lié d’amitié avec une famille anglaise, la famille Collier. Ils sont les hôtes de la pension « L’Agneau d’or ».
Photo 36 :voici une vue duTrouville de l’époque ou celle-ci, plus évocatrice encore et bien jolie  Photo 37 : sous le pinceau de Claude Monet avant les changements que l’écrivain déplore. Que dirait-t-il aujourd’hui ?
Le père Collier est Amiral, attaché naval auprès du Roi d’Angleterre. Il a surtout deux filles prénommées Gertrude et Henriette qui surent séduire chacune à sa manière le jeune Gustave. Aux dires de Germaine, il était, lui, plus que séduisant. Elle le décrit ainsi plus tard dans une lettre à Caroline où elle évoque leurs lointains souvenirs.
Photo 38 :“En pleine adolescence, il était semblable à un jeune grec, grand et mince, gracieux comme un athlète, inconscient des dons qu’il possédait physiquement et moralement. Sa mise consistait en une chemise de flanelle rouge, un pantalon de gros drap bleu, une écharpe de même couleur serrée étroitement autour des reins et un chapeau posé n’importe comment, souvent tête nue. Il admirait tout ce qui était beau, ne songeait nullement à la gloire ni à aucun gain. Sa grande joie était de trouver quelque chose qu’il jugeât digne d’admiration. Le charme de sa société était dans son enthousiasme pour tout ce qui était noble, le charme de son esprit dans une individualité intense”.
Flaubert se plaît en leur compagnie, élans simples, quelques taquineries innocentes. Mais on sait qu’au cours d’un de ces étés, il a rencontré la belle et intouchable Elisa Schlésinger, mariée à un homme très en vue dans le monde artistique parisien où il dirige, entre autres, la Gazette musicale.  Cette large cicatrice au cœur, selon ses mots, cet amour impossible lui inspirera les « Mémoires d’un fou » et une Correspondance entre eux qui ne s’achèvera qu’à la mort de Flaubert. « J’ai dans ma jeunesse démesurément aimé, aimé sans retour, profondément, silencieusement. écrira-t-il en 1859. Chacun de nous a dans le cœur une chambre royale   je l’ai murée, mais elle n’est pas détruite ».     
Flaubert gardera de ces étés à Trouville, de merveilleux souvenirs. A Paris, alors qu’il étudie le Droit, pestant contre le style du Code Civil, il rendra souvent visite aux deux demoiselles Collier dans leur appartement du Rond-Point des Champs- Elysées. Il y dîne, tient compagnie à Henriette souvent malade et allongée, lui fait la lecture. C’est là qu’un jour elle pose devant le peintre Rossi pendant que Gustave lui fait la lecture des pages d’Atala. Photo 39 : Ensuite ? Eh bien les Collier regagneront  leur Angleterre natale, Flaubert ira à plusieurs reprises les retrouver. Il écrit un jour à Germaine :   « Vous êtes mêlée à tant de choses de ma vie intime… Je ne dis pas que vous m’oublierez, je crois à votre amitié mais je me méfie du temps.  Que le ciel vous rende heureuse ? Gertrude, c’est mon plus profond désir ! »
Plus tard, apprenant  le mariage d’Henriette, Flaubert écrira à son vieil ami Louis Bouilhet : “Henriette s’est mariée. Et son portrait que j’ai là ne m’en avait rien dit”. Et d’ajouter : “Les sirènes de notre jeunesse sont devenues des mégères, leurs beaux seins, des citrouilles”.
Il nous reste donc ces huit lettres de Flaubert à Henriette, témoignage  de leur amitié, de leurs souvenirs de jeunesse, échelonnées entre le 23 novembre 1851 et le 13 septembre 1852. Dont « la nôtre » du 18 avril 1852.     Photo 40 :    
(23 novembre 1851- 8 décembre 1851-1er février 1852-
14 février 1852- 3 avril 1852- 18 avril 1852 -26 juin 1852)
 
Voilà donc l’histoire de la lettre « antiboise » de ce grand  écrivain qui disait se vouloir invisible dans ses oeuvres, “comme Dieu dans sa création”. Mais ô combien présent et de manière si souveraine dans une Correspondance qui d'un avis presque unanime, demeure l'une des plus belles de notre littérature. On y retrouve Flaubert et sa douceur, son humour, son sens de l’amitié amoureuse et du Beau, mais aussi sa nostalgie, sa lucidité féroce. Ses enthousiasmes et ses découragements, ses touchantes délicatesses et ses superbes violences,  sa terrible clairvoyance.   Photo 41 :Ses lettres - et je citerai encore Jean-Philippe Arrou-Vignod - conservent la force brute des tons non mélangés sur la palette du peintre, la cambrure sauvage et la vitalité des natures puissantes, avant que le gueuloir ne vienne domestiquer les poses et étrangler la taille ». Ajoutons qu’une telle Correspondance représente en outre un document de tout premier ordre sur la France, et le monde de la bourgeoisie du XIXe siècle. A la différence de nombreux Mémoires ou Souvenirs qui ont été écrits en vue d'une publication éventuelle et façonnés pour servir le point de vue de leur auteur, dans ses lettres Flaubert aborde tous les sujets d'actualité sans autre souci que celui de dire ce qu'il pense. Sa Correspondance demeure la "voie royale" pour pénétrer sa personnalité et comprendre son œuvre, elle nous permet d’assister à la genèse douloureuse de tant de chefs-d’œuvre; elle en est le commentaire vivant et indispensable.  
Bien, nous avons lu une lettre, notre lettre antiboise, tendre et amicale, mais il en reste près de 4000 !!!  Que pouvons-nous faire si ce n’est y passer tout le temps de lecture qu’il nous reste  à vivre ?… Ou alors piocher au gré de nos envies, dans la Pléïade ou dans la Correspondance numérique qui s’offre à nos écrans ?… Mieux peut-être : choisir parmi les Correspondants attitrés de l’auteur ( sa Mère ? Louise Colet sa maîtresse ? ses amis Le Poitevin, Maxime Ducamp, Maupassant ? : il en existe des publications séparées). Vous pouvez aussi vous plonger dans les lettres de voyages en Egypte, Photo 42 : il y séjourna presque deux années la parcourant à cheval et adressant vers la pluvieuse Normandie des récits hauts en couleurs, c’est le moins qu’on puisse dire.     
Avant de  revenir vers la Villa Tanit, j’aimerais m’arrêter un court instant -  vous verrez pourquoi - sur les merveilleux échanges de Flaubert avec son grand ami de toujours Louis Bouillet. Poèteet auteur dramatique, la plupart de ses  œuvres, souvent préfacées par Flaubert, seront publiées dans « La revue de Paris » et jouées parfois à l’Odéon. Ils sont ensemble au moment où la révolution de 1848 éclate, ensemble ils observent les combats du Palais-Royal dont on retrouve les échos dans les pages de « L’Education sentimentale ». Leur première Correspondance date du voyage en Orient. Flaubert lui adresse alors ses impressions « au hasard de la fourchette ». Il l’appelle « mon solide », « mon seul déversoir ». Lorsque Bouillet meurt en 1869 Flaubert écrira «  Je viens de mettre en terre une partie de moi-même ; j’ai enterré ma conscience littéraire, mon jugement, ma boussole, sans compter le reste, je suis broyé ». Il obtiendra de la municipalité de Rouen un monument à sa gloire, je voulais vous le montrer car il nous ramène à Caroline qui en réalisa la conception   : Photo 43 :
Mais les lettres à qui vont mes préférences sont celles que s’échangèrent  Flaubert et George Sand sa grande amie. Photo 44 : 422 lettres ponctuant les dix années de leur échange. M’autorisez-vous une courte visite ? Nos deux écrivains s’étaient croisés par hasard au foyer de l’Odéon en avril 1857 juste après la publication de “Madame Bovary”. Flaubert, en souvenir des  lectures de jeunesse qu’il lui devait (mais qu’il méprisait depuis) avait envoyé un exemplaire à Sand avec cette dédicace “A Madame Sand, hommage d’un inconnu”. Sand lit l’ouvrage et le vante dans le Courrier de Paris. Mais leur première rencontre n’a lieu qu’en avril 1859 rue Racine chez George Sand qui séduit Flaubert par son charme et sa générosité. C’est en 1866, à la suite d’un dîner Magny, que leur amitié sans raison apparente se concrétise. Ils ne cesseront alors de se voir, se revoir, causant littérature, théâtre, politique, en fumant jusqu’à l’aube, avec une pause- dînette dans la cuisine vers trois heures du matin.
Sand a 17 ans de plus que Flaubert, son charme féminin et une complicité maternelle flatte le besoin d’amour du bon géant. Lorsque “L’Education sentimentale” soulève un tollé dans la presse,  son auteur se réfugie à Nohant, dans le Berry. Il aime à s’y retrouver, on y discute littérature mais aussi botanique, sciences naturelles, politique. Lorsque chacun retrouve sa vie, ils s’écrivent, au rythme habituel de deux ou trois lettres par mois. Il la vouvoie. Elle le tutoie. Il l’appelle tantôt son “cher maître”, tantôt “chère amie du Bon Dieu”. Elle signe “ton troubadour”.  
Il souffre, s’aigrit, elle rayonne d’un  équilibre admirable entre sa vie de grand-mère, son cher domaine de Nohant, et ses livres. Elle le materne avec générosité, il lui apporte l’exigence de son esprit. Ce qui fait mes délices?  L’amicale tendresse de leurs rapports, le regard qu’ils jettent ensemble sur les événements du monde et l’éventualité d’une guerre toute proche, sur la société de leur époque, leurs engagements respectifs d’écrivains. Joints à tous les petits riens de leur vie quotidienne  : une bronchite obstinée chez Sand, un article de la Censure qui contrarie Flaubert, les délices de la vie dans la maison du Berry, les spectacles de marionnettes pour les petits, les semis de la serre. Et lorsque le feu ronfle dans la cheminée, que la grand-mère a bordé sa smala, imaginons - les  se lisant leurs derniers manuscrits des nuits entières. Entre temps, ils s’écrivent jusqu’au décès de Sand. « La mort de ma vieille amie m’a navré le cœur. Mon cœur devient une nécropole : comme le vide s’élargit » écrira-t-il alors. Photo noire 45:
Mais j’arrête là ce merveilleux échange entre deux « monstres »  de notre patrimoine  littéraire, il demeure  à notre entière disposition. Car, avant de conclure, je voudrais revenir un instant encore  sur les traces de cette Villa Tanit à Antibes pour lesquelles, vous pouvez l’imaginer, j’ai mené mon enquête et joué au détective ! Seules les traces font rêver, dit le poète, je ne m’en suis pas privée, au risque de lasser mon entourage le plus proche !!! Merci André, merci beaucoup  !
La trace incontestable de la présence antiboise de Caroline,  à vrai dire la plus facile, eh bien c’est d’abord au cimetière d’Antibes que je suis allée la chercher : elle y réside, en effet,  et pour l’éternité, Photo 46 : la pierre tombale, au fil des ans, est devenue grise, ainsi que la gravure des noms,  la couronne de roses en céramique a gardé ses couleurs.  Quant au domaine … terrestre celui-là et antibois de Caroline, il m’a donné plus de soucis … je me désespérais d’en trouver la moindre trace jusqu’au jour où, petit miracle : une information par Internet en provenance du Comité de défense de la Rostagne me faisait suivre une lettre. Une lettre signée d’une Madame Rozen-Bardou qui m’offrait enfin un post-scriptum à l’histoire de la Villa Tanit avec quelques photos, trop peu, que nous allons découvrir. Je la remercie du fond du cœur.
Nous pouvons ainsi avancer que peu après le décès de Caroline, en 1931 donc, une de ses nièces, Lucie Chevalley-Sabatier, née en 1882 au Petit-Quevilly devient entre 1932 et 1964 Présidente du Service social d’Aide aux Emigrants. On sait que ce service fut mis sur pied en 1941 pour aider les familles des victimes de la guerre et qu’il se consacre à partir de 1942 au sauvetage d’enfants juifs privés de leurs parents, particulièrement grâce au réseau « Marcel » pour la région de Nice et des Alpes-Maritimes. La Villa Tanit aurait alors fait office de lieu d’accueil. Une institutrice de la Maison  nommée Adrienne Montagude, originaire de la Creuse, s’avéra particulièrement dévouée et courageuse, une grande âme au cœur de ce sauvetage. Ce qui explique que la Villa Tanit fut en son honneur re-baptisée Villa Adrienne. Caroline n’aurait pu qu’approuver, je pense. La Villa abrita ensuite un Centre de coopération culturelle et sociale. Madame Rozen-Bardou a confié à l’Association que ses parents Aline et Théo Quéré avaient travaillé pour ce Centre à la Villa Adrienne de 1957 à 1972, participant à l’animation et à la gestion de colonies de vacances, du Centre International de jeunes durant l’été puis du Centre d’études françaises et d’éducation populaire qui a fonctionné jusqu’en 1980. Voici donc les  quelques photos de la demeure de Caroline, regardez-les bien, c’est tout ce que nous en avons, grâce à Madame Rozen,  Photos 47, 48, 49 :  La propriété s’étendait  alors de l’Avenue des Chênes à l’Avenue de la Rostagne, aujourd’hui elle aboutirait à la hauteur du 13 avenue de la Rostagne, depuis l’élargissement de la route et l’abattage de plusieurs grands eucalyptus. La Villa Tanit, devenue Villa Adrienne fut donc vendue puis démolie au début des années 1980 pour laisser la place à la construction d’une résidence baptisée « HAPIMAG » qui comporte un bon nombre de blocs d’appartements aux noms plus que Flaubertiens, que vous connaissez sans doute : le Carthage ou « le Salammbô ».  Photo 50 :  
Ainsi se referme l’armoire antiboise Photo 51 : de Gustave Flaubert  avec une pensée de gratitude envers cette charmante nièce Caroline qui en fille adoptive et aimante eut à coeur d’honorer la mémoire de son oncle. Leur union affectueuse permit à celle-ci de pénétrer la pensée du grand écrivain et, seule héritière, de savoir après sa disparition mettre en valeur son  œuvre entière sans en exclure la Correspondance. Son existence personnelle pourrait la rapprocher des grandes héroïnes de romans du 19ème siècle : un mariage forcé, des amours contrariés, une déroute financière. Mais aussi d’une femme du 20ème siècle qui  aura mené à bien son travail de mémoire puis se libérer en venant vivre et mourir sous nos cieux. Nous la retrouvons grâce à ce patrimoine émouvant à l’abri dans nos remparts, au cœur même de notre paysage quotidien. Il me semble l’y rencontrer parfois … Photo 52 :

 

15 avenue de la Rostagne

« A la place du «HapiMag» 30bis, avenue des Chênes
http://www.hapimag.com/fr/univers-hapimag20.htm
 Il y avait une résidence internationale, avec une grande maison où des jeunes étrangers venaient faire des stages afin d’y apprendre le français. C’était très cosmopolite et très bruyant aux dires des voisins »

17 avenue de la Rostagne :

19 avenue de la Rostagne :   Résidence Le Paradis

La propriété « Le Paradis», « une grande maison dans un très beau jardin appartenait au Général Pistor (Général d’Aviation). Il y passait l’hiver ainsi que Madame Pistor; l’été ils partaient dans une autre propriété près de Vichy. Le jardin magnifique avec une roseraie, était très bien entretenu, un pavillon neuf, à l’entrée, abritait le gardien jardinier Monsieur Bottero dont la femme était employée de maison à la villa »
Cette belle propriété a été détruite pour laisse la place à un immeuble

21 avenue de la Rostagne : Résidence la Rostagne

« Le terrain qui appartenait à Justin Beguely qui l’a vendu  en mai 1964 au promoteur Marcoul où a été construit la résidence la Rostagne »

22 Avenue de la Rostagne

« Appartenait à Monsieur Badchalon  qui vendait des matériaux de construction  adjoint à la mairie d’Antibes »

23 avenue de la Rostagne

Etait la Villa la Retraite  ou habitait les métayers de Madame Cavasse, ce métayer était l’oncle de Mme Beguely (Frère de son beaupère)
Ce métayer a revendu la Retraite à Monsieur Perrier d’Arc, qui l’a revendu à Monsieur Rémy Roustan architecte et Nicole Lyautey originaire de Moselle, parente du Maréchal Lyautey  qui l’ont revendu à  Monsieur  et Madame Wolley,  anglais des environ de Bristol.

24 Avenue de la Rostagne :  Résidence Pavillon de Flore

« A la place du "Pavillon de Flore " affreux, il y avait la villa des rendez-vous galants de Rudolf Valentino.
Derrière le pavillon de Flore il y avait un terrain qui appartenait à la famille Béguely »
Le Flore a été construit sur pilotis par  Monsieur Clairac, qui avait  un magasin de prêt-à-porter homme MICK  à Juan les Pinset un magasin de prêt-à-porter femme à Antibes Bd Albert 1 ».

22 avenue de la Rostagne : Shangrila
Nom d’un célèbre porte avion US qui mouillait au port de Cannes et peint par Anne Français
(BS 0360  N°23 Liste du Patrimoine Bâti Protégé) Néo-classique (XIX ou début XXème siècle).

25 avenue de la Rostagne : Il y avait  le « CLOS SUZON »

Baptisé ainsi par Emmanuel BEGUELY du prénom de son épouse.
Au fond de la propriété horticole, un cabanon toujours en place aujourd’hui , A l’origine ceinturé d’une teille de raisin de framboise , culture interdite à la production du vin puisque ce dernier devenu « le Vin qui rend Fou » ? Cabanon en grande partie à l’ombre d’un vénérable olivier d’un périmètre de cinq mètres cinquante recensé être planté avant  Charlemagne qu’un hiver rude n’a pas en partie épargné trop fraîchement élagué.
Quelques mimosas des quatre saisons ont également gelés.
Près du gros olivier, voisins, amis et proches se réunissaient à l’heure sacro-sainte de l’apéritif  (voir pastis..) . S’en suivaient les traditionnelles parties de pétanque sur un cour tout spécialement aménagé à cet effet. Des reps champêtres pour les fêtes et autres occasions s’y organisaient en tout simplicité amitié et convivialité
Du temps où l’on prenait le temps.

le Clos Suzon appartenant à Madame Chatain puis à monsieur Emmanuel Beguely horticulteur qui a vendu à monsieur Justin Beguely horticulteur et par la suite parfumeur Place de Gaulle à Antibes -il avait 8000 m2 de terrain dont celui vendu à Monsieur Maurice Lavadou. Il possédait environ 300 agrumes (citrons, pamplemousses, clémentines etc..
Dans la nuit de mars  1975, il a fait moins 8° et monsieur Beguely a perdu  la totalité de ses agrumes.
Propriété « Chante Merle » M et Mme Hourier (Madame Houriez Fille de Monsieur Beguely)
Propriété horticole où subsiste encore le bassin de 20000 litres d’eau
Baptisée « Chante Merle »  du fait d’une importante colonie des ses oiseux noir au bec jaune pour les males se nourrissant de nombreux verre de terre et peuplaient les nombreux arbres de leurs nids.
Terrain voué à la culture sous serre principalement des agapanthes, magnifiques fleurs bleu en forme de feu d’artifice  dont le feuillage persiste  toute l’année a rester vert
Egalement la culture des asparagus cultivés pour enrichir les compositions de bouquet de fleurs coupées
La culture des Roses de Mai pour la distillerie de grasse pour ses essences  servant a la composition  de parfums
La culture des œillets qui malheureusement  pour cause de maladie a du disparaître
Cette propriété a été acquise après la guerre de 14-18 par Emmanuel Beguely a été reprise par son frère Justin Beguely président des expéditeurs de fleurs coupées de la Cote d’Azur pour y construire sa résidence
Il y a complanté de nombreux pins maritimes formant une pinède sur l’entrée ou l’on peut encore entendre le chant de cigales
Trois cyprès à gauche de l’entrée symbolise selon la tradition  L’Eau le sel et la Farine soit l’accueil et le partage
Autre explication très similaire donnez par les anglais friands de la Provence voir livre ….
:The 3 Cypresses : it is not just by chance that this is the name of our agency. In Provencal tradition, it is customary to plant 3 cypresses at the entrance to a mas (farmhouse) or country house.
The 3 cypresses are symbolic of Provençal hospitality : one for the welcome, a second for a place at table, and the third for a bed for the night.

Il subsiste encore des oliviers dont un ancêtre  recensé daté de charlemagne ;
De nombreuses variétés  d’arbres, cyprès, thuyas ainsi que des plantes exotiques, palmiers, chameropse, langues de belle mère… vivent en harmonie avec les oranges, citronniers et cerisiers.

C’est  en 1964 lors du passage de propriété de Emmanuel Béguely à Justin Béguely qu’a été créer le chemin de la Rostagne  par élargissement, plus haut ce chemin s’appelait chemin Cicéron. Il y avait d’ailleurs une villa qui s’appelait Cicéron
Cela a été fait pendant l’exercice du maire d’Antibes de l’époque Pierre Delmas qui était pourtant horticulteur expéditeur que quatre oliviers de un mètre de diamètre ont été coupés et n’ont pas été replantés en bordure de propriété  comme cela devait l’être d’après la loi. Cela a été constaté par huissier en présence de Monsieur Ovaro Ingénieur Subdivisionnaire  de la Ville d’ Antibes.
Les bornes et chaînes qui fermaient le chemin de la Rostagne on été retirées à cette époque de 1964.

26 Avenue de la Rostagne   Résidence Orion

Monsieur Bilger raconte :
«  La très grande propriété (40 ha) de Monsieur l'Amiral Barnaud et la petite villa du " Jongleur "  qui s’appelait Palmer et qui époustouflait notre fils à 4/5 ans par ses prouesses d'ancien " du cirque ". Monsieur Palmer était anglais et sa femme japonaise, elle présentait des spectacles musicaux avec un petit chien dressé, quand Monsieur Palmer est décédé,  elle est partie en emportant les cendres de son mari et le petit chien empaillé.
Il y avait une grande colline verte avec un sentier qui descendait jusqu’à Juan les Pins avec des couchers de soleil uniques en hiver. En contrebas,  un fermier élevait des vaches et vendait le lait de ses bêtes »
Villa de Louis Bertrand. écrivainet homme politique belge
L'immense colline qui appartenait à notre ami Monsieur Maurice Guénot, une centaine d'hectares, occupé maintenant par le C.E.S., le Lycée J. Audiberti, la Clinique Jeanne d'Arc qui a été démolie vers 1995.             .
Madame Guénot mère habitait tout d’abord la villa ou avait été installé par la suite la Clinique Jeanne d’Arc, puis en dernier elle a habité avec son fils Maurice Guénot l'ancienne et superbe maison des jardiniers - poutres apparentes, meubles Louis XVI, estampillé Riesener, céramiques persanes, - nous étions les seuls à pouvoir leur rendre visite, même le facteur n'avait pas droit d'entrer.
Madame de Charniere fit construire en 1958 la Clinique Jeanne d'Arc
http://www.maternite-des-lilas.com/Intro_histoire.html
La Clinique Jeanne d'Arc en pierres de taille (où est  né en 1961  Jérôme le fils de Monsieur Bilger et  les trois enfants Collot), était leur résidence principale - une demeure hors du commun - volières dans les jardins, allée de 20 m de longueur bordée par environ 50 palmiers superbes – il n’en reste que trois ou quatre.
De la pleine campagne provençale, tout cela a disparu et est occupé maintenant pas la résidence  5 chemin Tanit »

27 avenue de la Rostagne
Documentation sur la Bastide du XVIIème siècle dénommée « La Verne »
Située au 27 avenue de la Rostagne, cadastrée CO 108

Cette Bastide est une ancienne magnanerie. Beaucoup de mûriers poussaient à cet endroit notamment dans le  Domaine des Mûriers qui la jouxte.
Cette Bastide du XVIIème siècle qui présente un caractère paysager, architectural et historique, fort remarquable. Elle figurait déjà sur le plan d’Antibes avant 1808, année d’instauration du cadastre par Napoléon.
Des arbres multi centenaires l’entourent dont un pin parasol majestueux remarquable qui sans contestation forme une tête de verdure de plus de 25 mètres parmi les plus grandes d’Antibes Juan les Pins contribuant au nom de « Pins » de notre Ville et d’une hauteur de plus de 20 mètres il représente un poumon d’oxygène contribuant à l’écologie et au charme de tout son quartier.
Cette Bastide donne à ce quartier de La Rostagne tout son attrait, fait partie également de l’historique de la Ville d’Antibes et mérite d’appartenir à son patrimoine.
Anciennement propriété Famille Selaudoux, après Famille Quéro, après Famille Cavasse, habitée par le Professeur Bertagna père du célèbre neurologue Xavier Bertagna, grand père de Madame Valéry Pécresse Ministre de l’Enseignement supérieure et de la Recherche, avant famille Martelly, après la famille TERRUSSE en 1810 (Mme Fernande BASSET-TERRUSSE s’occupait des maisons anciennes et a écrit un ouvrage (Musée de la Tour. Histoire et traditions locales, catalogue, Imprimerie Fantino).
La famille Selaudoux, dernière propriétaire de cette Bastide avant les récents propriétaires américains, a tenu à restaurer celle-ci en gardant son authenticité ainsi que celle de son parc en respectant scrupuleusement toutes les cheminées, les volets « à la niçoise », les tuiles "canal", les double génoises et les deux rotondes qui la flanquent sans rien y changer jusqu'à restaurer le crépis des façades à la façon ancienne à l’identique avec des artisans spécialisés dans une telle rénovation.

02
Photo 1: Bastide « LaVerne » restaurée (vue plongeante)

 

04
Photo 2: Bastide « LaVerne » restaurée (vue plongeante)

06
Photo 3: Bastide « LaVerne » restaurée (vue plongeante)

Zone de Texte:    Photo 4: à gauche pin parasol et tilleul multi centenaires, la haie au premier plan a été coupée

 

 

Zone de Texte:    Photo 5: Bastide « La Verne » vue de l'Avenue de la Rostagne   Avant destruction de la haie et abattage de 2 cyprès

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12


Photo 6: au centre pin parasol multi centenaire à droite Bastide « LaVerne » avant restauration
  

Zone de Texte:    Photo 7 : Cheminées restaurées de la Bastide « La Verne »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte:    Photo 8: Bastide « LaVerne »  restaurée » entourée d’arbres

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18
Photo 9 : portail d'entré de la Bastide « LaVerne »

 

20
Figure 10: portail d'entrée de la « Bastide Laverne »

  Zone de Texte:    Photo 11: Bastide « La Verne » restaurée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte:    Photo 12: Bastide « La Verne » restaurée et ses ifs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26
Photo 13: Cèdre bleu du Liban séculaire parfaitement
sain abattu fin août 2007 (cela peut être constaté par
la souche restante. diamètre 70cm)
a noter que la haie a été supprimée.

  

28
Photo 14: Bastide restaurée avec ses ifs

  

30
Photo 15: Bastide «  La Verne » (vue plongeante)

29 Avenue de la Rostagne « Le Mas des Orangers »

Anciennement au 10 chemin François Gairaud qui était la ferme des exploitants de la production des mûriers (d’où le nom du domaine des mûrier mitoyen) servant à l’élevage des vers à soie, de la Bastide La Verne ancienne magnanerie mitoyenne située Chemin François Gairaud. Il était précisé avant 1930 que les propriétaires « ne pouvaient entreposer des fumiers ni établir ni vacherie, porcherie ou écurie, cependant ils auront la faculté d’édifier des écuries pour un ou deux chevaux ». On a retrouvé les anneaux scellés dans sur les murs intérieurs du Mas pour attacher ces chevaux.
Les voisins : Famille Tchéraz, Famille Haissly, Famille Sanson qui avait « droit de passage à pieds et avec gens, bêtes, charrettes sur le « chemin de 3 mètres cinquante centimètres » (Chemin François Gairaud) partant du rond point (rond point situé entre le 29 et 27 avenue de la Rostagne) et allant aboutir à la Route des Sables dans une direction sensiblement nord sud, ils n’avaient aucun droit de passage sur le prolongement du dit chemin vers le nord et l’ouest. Le chemin François Gairaud était un régal pour les amoureux de la campagne, tout cela a disparu avec les immeubles de l’ Avenue de la Rostagne.

Ce chemin à l’origine s’appelait  l’impasse des orangers qui menait au Mas des Orangers, puis s’est appelé, le chemin François Gairaud, du nom du fils de Madame Virginie Terruse, épouse de Honoré Louis Gabriel Gairaud, puis le chemin de la Rostagne (cf. adresse de la Synagogue encore marquée sur la porte d’entrée)  pour finalement s’appeler l’Avenue de la Rostagne.
La propriété Terrusse s’étendait sur tout le quartier de Laverne.
La famille Terrusse à vendu le Mas des Orangers à Monsieur Cavasse qui l’a ensuite vendu à Monsieur Maxime Edmond Haissy
Le 22 avril 1932 Monsieur Maxime Edmond Haissy avocat et Madame Hélène Pauline Lance, genevois vendent le Mas à  Monsieur Marcel Joseph Gaston Sanson.
Le 19 octobre 1938 Monsieur Marcel Joseph Gaston Sanson  vend  le Mas à Monsieur Werner Louis GENICOT commandant d’Artillerie né à Bruxelles, (son épouse Belge, née Simone Marie Désirée Gobert), puis à la famille Collot.

Madame Genicot a raconté à Monsieur Collot que devant le Mas des Orangers  coté Est, il y avait des champs qui s’étendaient jusqu'à la mer et il y avait des vaches. C’est devenu maintenant le domaine des Mûriers.
La rue Laverne coté Est n’était pas ouverte, la propriété du Mas des Orangers a été coupée par la route coté Est, il y avait alors une entrée située au 9 de la rue LaVerne, devenue Avenue Laverne.
Au sud du Mas des Orangers il y avait la Villa Franceline, propriété de  Monsieur Mollard, ancienne propriété Cavasse, à l’est la Bastide LaVerne et au nord la propriété Muterse.
D’autre part , il y avait un chemin vicinal entre d’une part, la Bastide LaVerne  et le Mas des Orangers et, d’autre part, la propriété de Madame Chatain (origine de Valence dans la Drome) Madame Chatain ayant vendu à Monsieur Emmanuel Beguely. Ce chemin a complètement  disparu.

Monsieur Cavasse propriétaire de la villa LaVerne  au 27 avenue de la Rostagne, du Mas des Orangers, et des propriétés voisines a été obligé de mettre en état de viabilité le dit chemin avant le 2 décembre 1923 et de faire empierrer à ses frais sur une largeur de deux mètres cinquante environ, avec une épaisseur de 15cm  environ au milieu et 10 centimètres que les cotés sans mur de soutènement. Ceci étant la portion actuelle de l’avenue de la Rostagne partant du Chemin des sables jusqu’au n° 29 et 27 de cette avenue, ce « chemin » qui est devenu une portion de l’actuelle avenue de la Rostagne, s’arrêtait alors à ce rond point où il y avait des bornes marquant la fin du chemin.
La famille Genicot était propriétaire depuis 1938 du Mas des Orangers.
Monsieur Werner Louis Genicot, commandant d’artillerie avait 3 filles  (Nicole Joséphine Nelly Andrée, Andrée Aurore Maurice, Françoise Andrée Werener Jean et un fils  Jean Philémon Zéphyr Viollette pharmacien, marié le 5 octobre 1964 à Antibes à une pharmacienne  Nelly Françoise Miard (famille Wesweller, ami de Jean Cocteau).
Madame Genicot, forte femme blonde, avait dans son jardin une charmante et authentique roulotte de bohémien avec des petits volets. Elle habitait une petite pièce du Mas pour le louer l’été aux vacanciers, peut être même, habitait elle la roulotte, qui sait…. ?
Actuellement, la famille Collot propriétaire depuis presque 40 ans a restauré le Mas des Orangers en gardant les orangers et oliviers centenaires qui l’entourent.
Comme le nom l’indique, les orangers poussent très bien au Mas des Orangers et une recette de vin d’orange succulente se passe de génération en génération. Cette recette vient de la famille Cavasse qui l’a transmise à la Famille Quéro (qui était propriétaire de la bastide La Verne) et aux familles Beguely, Bilger et Collot. Donc une recette qui se transmet de génération en génération, ceci du aux nombreux orangers qui y poussaient.

Recette Vin d’orange du Mas des Orangers

 (Recette originale de la Famille Cavasse)

Monsieur Cavasse propriétaire de la villa mitoyenne du Mas des Orangers a été obligé de mettre en état de viabilité le dit chemin François Gairaud avant le 2 décembre 1923 et de faire empierrer à ses frais sur une largeur de deux mètres cinquante environ, avec une épaisseur de 15cm  environ au milieu et 10 centimètres que les cotés sans mur de soutènement. Ceci était la portion actuelle de l’avenue de la Rostagne partant du Chemin des Sables jusqu’au n° 29 et n° 27 (Mas des Orangers) de cette avenue, ce « chemin » est devenu l’actuelle avenue de la Rostagne qui s’arrêtait alors à ce rond point situé devant chez nous et où il y avait des bornes marquant la fin du chemin.
5 ou 6 oranges amères non traitées
du Mas des Orangers
1 Citron non traité du Mas des Orangers
1 gousse de Vanille
1Kg de sucre blanc en marceaux
1 litre de très bon vin rouge de Provence
ou Sidi Brahim
1 litre de très bon vin rosé de Provence
(attention pour le vin les bouteilles font 75 cl)
1 litre d’alcool à 45°  ou
½ litre d’alcool à 90°+ 1/2 litre d’eau d’Evian
Couper en fines lamelles les oranges et le citron préalablement lavés et brossés.
Enlever les pépins
Ajouter la vanille coupée en long et en large
Mettre le tout dans une bonbonne en verre avec autres ingrédients
Laisser 17 jours  (au minimum)
en agitant chaque jour
Filtrer et mettre en bouteille

0 0

30 avenue de la Rostagne  Résidence Le Montcalm

Il y avait un terrain très boisé, actuellement le Montcalm où a habité  Armand Jammot, animateur de la télévision, bien connu du public pour avoir notamment produit les Dossiers de l'écran diffusés sur Antenne 2 pendant 24 ans, de 1967 à 1991 et présentée par Joseph Pasteur de 1967 à 1975, puis par Alain Jérôme. Il demeurait le producteur de la non moins célèbre émission « Des chiffres et des lettres » créée en 1972, animateur à la télévision.
Il a habité tout d’abord au rez-de-chaussée  avec une petite piscine, ensuite, il a habité au 2ème étage car il souffrait de rhumatismes.

A ce sujet de la mère d’Armand Jammot, Monsieur Bilger raconte : « une dame dit «  la religion juive interdit qu’on prenne des photos d’un enterrement juif »  aussi, Mme Henriette Sislonsky  appelée communément  Mme Robert, mère d’Armand Jammot, ne tenait pas compte de ces interdits,  elle mangeait même du jambon et elle voulait une photo de l’enterrement de son fils Armand Jammot, décédé avant elle. Aussi, elle avait demandé au photographe Jan Photo 6 avenue Niquet de faire les photos de l’enterrement.
Madame Roche, la nièce de Madame Robert rencontre Madame Jan (Cordonnier de son vrai nom) au cimetière et dit « où est votre mari »  elle répond «  je l’ai perdu » « ah ! sincères condoléances… » « En fait, le mari était planqué derrière un arbre en train de faire des photos de l’enterrement ».
Mme Robert pendant la guerre a protégé ses 2 nièces dans le massif central  où elle les cachées. Aussi ses deux nièces lui devaient la vie sauve. Madame Robert a raconté sa vie dans un très gros livre « L’arbre de Jacob » publié en 2001.
La mère d’Armand Jammot juive, avait épousé en première noce un chrétien Monsieur Jammot.
Divorcée, elle a épousé un cousin a elle, Sislonski
Le livre de sa vie « L’arbre de Jacob » a été publié en 2001 après la mort d’Armand Jammot qui ne voulait pas qu’il soit publié de son vivant.
Ce sont ces quatre petits enfants qui ont fait éditer  ce livre et en ont fait cadeau à leur grand-mère pour ses 100 ans.

31 Avenue de la Rostagne  Résidence Europe Verte

Le terrain appartenait à Monsieur Franck André Cavasse docteur en droit et Madame  Charlotte , Jeanne, Léonie, Augustine Angèle, Fatma Vergeraud, demeurant à Nice 60 rue Gioffredo,  mariés le 17 avril 1919,  qui l’ont vendu à Monsieur François Mollard docteur en médecine qui a construit la Villa Franceline
Monsieur François Mollard est décédé 2 rue du Sergent Bobillot à Cannes  le 10 mars 1940 où il se trouvait momentanément.
Il avait laissé comme héritiers :
Sa sœur Madame Marie Mollard veuve de Monsieur Juvénal Rico sans profession demeurant à Buenos-Aires république d’Argentine  rue Méjico 1320
Son frère germain Monsieur Pierre Etienne Mollard sans profession demeurant à Buenos-Aires  Avenue Callac N°1470  qui ont renoncé à la succession
Son épouse héritière, Madame Mollard née Marcelline Marie Laphitzondo née à Buenos-Aires le 28 juillet 1878   qui habitait la Villa  Franceline » avait deux filles dont une devait s’appeler Franceline d’où le nom de la villa.
Le nom de « Franceline » est encore marqué sur le portail en fer forgé de l’immeuble Europe Verte qui occupe son emplacement.
La Villa Franceline a été vendue  le 24 janvier 1957 :
- au Dr Louis Daniel Alix Marcel  Hussenet  né le 26 octobre 1888 qui  a été vétérinaire pendant 25 ans en Egypte auprès du Roi Fouad, père de Farouk, chanteur matinal exceptionnel à  " la Pavarotti ". Monsieur Bilger a pu apprécier tout le récital des opéras de Verdi.
- et à Madame Hussenet de Croissy sur seine 78  née le 27 octobre 1900  née Drouard Hélène Léonie Louise sans profession
Monsieur Bilger raconte : « Superbe propriété louée souvent à des familles prestigieuses. Nous prenions le thé avec M et Mme Hussenet sur la table rectangulaire en pierre et mosaïques magnifique qui existe encore sous les palmiers du jardin coté sud de l’Europe Verte.
Mme Hussenet  tenait une galerie de tableaux à la Baule et louait tous les étés à des personnes prestigieuses :
- le propriétaire du théâtre parisien du Théâtre de Dix Heure 
- le directeur du journal l’Aurore qui ouvrait le portail avec le pare-chocs de sa voiture ce qui ne plaisait pas trop à Mme Hussenet.
- la famille du Roi des Belges.
Le docteur Hussenet qui se déplaçait en Simca model Versaille
http://photo-voiture.motorlegend.com/les-marques-disparues-a-retromobile-2009/photo-simca-versailles/15791,55803.html
Les Hussenet avait acheté la villa « Franceline » a Monsieur Franck André Cavasse et madame Charlotte Jeanne Léonie Augustine  Angèle Fatma Vergeraud sans profession de Nice
Villa vendue ensuite en 1972 à Monsieur Egrem Arapi,  Ingénieur Promoteur demeurant à Nice qui détruisit la Villa Franceline  le 21 septembre 1972 pour construire la petite résidence Europe Verte.

32 Avenue de la Rostagne   Résidence des sables

(Où habite Monsieur Bilger), Monsieur Bilger raconte : ce terrain avait été acheté par  l’entrepreneur Monsieur Voarino, qui l’avait lui même acheté à Madame Proton de La Chapelle.
Sur ce terrain Monsieur Voirino  construisit le si beau petit immeuble la Résidence des Sables
Avant Madame Proton de La Chapelle le terrain appartenait à la famille Cavasse
Monsieur Bilger raconte :
 « on voyait alors une roseraies immense devant notre immeuble, vue de 180° depuis le col des Léques, route Napoléon http://www.routenapoleon.fr/2009/06/le-col-des-l%C3%A8ques.html  jusqu'au Cap d'Antibes, la villa aigue-marine appartenant au neveu du général Goebbels ministre de la propagande nazie.
http://pcflehavre.free.fr/presse/docs_2010/au_cap_dantibes_lacces_mer_cadenasse_docs_2010.htm
La villa possédait une magnifique piscine où a été tourné les premiers films de James Bond, Sean Connery  http://fr.wikipedia.org/wiki/Sean_Connery
qui avait épousé une niçoise artiste peintre Micheline Roquebrune
Tout ce paysage est maintenant occupé et caché par la résidence Montcalm situé au  30 avenue de la Rostagne et par l’énorme immeuble « Les sables » qui a remplacé la villa Valima »

Dans l’immense roseraie il y avait la villa Fiorina où logeaient les plagistes de la plage des Pirates »

Les terrains du  32 du 34 du 36 avenue de la Rostagne appartenaient à Madame Proton de La Chapelle qui habitait Nice. Terrains racheté par l’entrepreneur Voarino.

33 Avenue de la Rostagne « La Rosada »

Virginie Terrusse, épouse de Honoré louis Gabriel Gairaud, possède une grande propriété qui couvre les terrains de la Monada, de la Rosada, de la villa Franceline (actuel Europe Verte), le Mas des Orangers, la Bastide Laverne). Elle en fait don à son fils, Edouard Gairaud lors de son mariage le 7 février 1858).

Edouard Gairaud, veuf de Elisabeth Joséphine BARNAUD (décédée en 1892) décède en 1912 et laisse la propriété à ses deux petit-fils : Jean  Honoré Lambert CAVASSE et Franck André Cavasse.

Par un acte du 22 juillet 1920, Franck André Cavasse obtient de son frère la propriété. Celle-ci, est beaucoup plus grande que les terrains des futurs  villa Rosada et Monada et qui s’étendait entre autres, à l’emplacement de l’actuel immeuble l’Europe Verte.

En 1922, Monsieur Franck André Cavasse et Madame Charlotte Jeanne Augustine Angèle Fatma Verjerand vendent une partie de ce vaste terrain, précisément les terrains actuels de la Monada et de la Rosada à Monsieur George DELATTRE, architecte et Madame Rachel Blanche Bénédicte Raymond.
La villa « la Rosada » ainsi que la villa « La Monada » (terrain appartenant à Monsieur Munroe puis devint l’ancienne synagogue) sans doute construite en  1922, mitoyenne sont construites par Georges Delattre avant 1924.
Georges  Delattre est également l’architecte de la villa IBRAHIM à Cannes, édifiée vers 1925 pour le prince égyptien Muhammad Ali Ibrahim
www.actuacity.com/cannes_06150/monuments/page18
Les époux Delattre et Raymond vendent la Rosada à Madame Veuve Peneau, née Cosmao, en 1924.
Madame Veuve Peneau vend en 1931 la Rosada à Paul Théodore Valdemar Stahl, ingénieur métallurgiste à Lyon qui travaillait au Creusot. Monsieur Bilger raconte : à  la gare de Perrache de Lyon un train reliait Lyon au Creusot et comme  Paul Théodore Valdemar Stahl faisait le trajet tous les jours, le chef de gare disait « Théodore est là le train peut partir »
Son fils, René Valdemar Stahl et sa  fille, Marie-Claire Valdemar Stahl, l’occuperont successivement. Marie-Claire était mariée à Alain Delaval, Général de Brigade et Saint Cyrien.
La Rosada est aujourd’hui occupée par l’arrière petit fils de Théodore Stahl, Eric Delaval actuel conservateur du Musée Archéologique du Bastion Saint-André d’Antibes
www.antibes-juanlespins.com/fr/culture/musees/archeologie/index.html

34 avenue de la Rostagne   Villa Régina

La "Villa Régina" villa de style néo- mauresque qui appartenait à la famille Cantuern une magnifique femme parisienne blonde très cultivée qu’on appelait « la générale » puis ensuite « Marie Madeleine » et qui disait tout haut ce qu’elle pensait sans crainte du « quand dira t’on ». Elle se déplaçait toujours en vélo.
Tous ses amis Bilger et Collot gardent précieusement ses lettres truculentes, un précieux exemple de littérature vécue.
En 1940 Le Docteur Cantuern quitte « Marie Madeleine »  pour le Maroc.
La Villa Régina fut construite par son ami le Général Jean Marie Lardin dans les années 50 général de corps d’armée 4 étoiles  2ème régiment des tirailleurs marocains, (les généraux de division sont "élevés au rang et appellation" de généraux de corps d'armée puis d'armée, depuis un décret du 7 juin 1939), décédé prématurément à 58 ans et inhumée au Cimetière de Rabiac. Son ordonnance logeait dans la villa.
Le général Lardin acheta le terrain le 29 septembre 1952  à Madame Veuve Proton de La Chapelle, qui avait acquis ce terrain à Madame Veuve Pugnaire  le 15 janvier 1942 à titre d’échange d’autres biens et droits immobiliers  appartenant à celle-ci  sur la commune d’Antibes.
Le nom de Régina vient du nom que le Général Lardin appelait Marie Madeleine en souvenir du héro d’Alexandre Dumas qui retrouvait sa « Régina »
A sa mort, les enfants de Madame Cantuern l’on influencée pour qu’elle ré épouse son premier mari, le Dr. Cantuern.
Ils avaient une bonne marocaine Fatima sourde et muette et dont la vie avait été sauvée par le Dr Cantuern. Fatima qui faisait un des meilleur couscous que l’on ne puisse jamais manger (la famille Bilger et Collot en sont témoins). J'ai géré cette vieille baraque pendant 20 ans pour avoir des locations en été - l'ingratitude humaine s'est très vite manifestée, bien entendu.
Le Dr Cantuern spécialiste de littérature (il avait une magnifique bibliothèque) était aussi un artiste peintre amateur chevronné, il a fait des vues d’Antibes magnifiques et a peint aussi plusieurs maisons du quartier de la Rostagne en particulier le Mas Féraud.
Le Docteur Cantuern avait un frère polytechnicien qui était chimiste à Marseille et qui a adopté deux enfants.
Les Bilger, les Collot et Les Breton gardent précieusement des tableaux du Dr Cantuern et aussi de Jean Pierre Quero artiste confirmé d’Antibes.
Madame Cantuern, femme charmante et très jolie, connue de tout le quartier sous le nom de « Marie Madeleine » était écrivain à ses heures et a fait publier un livre en 1988 (livre rare qu’on garde précieusement) « Ma vie de femme de médecin, mon cimetière de souvenirs » aux éditions La pensée Universelle 4 rue Charlemagne à Paris. Ce livre  se termine par la  phrase « Lui, (le général Lardin) c’était toujours le héros d’Alexandre Dumas, retrouvant Régina ».  D’où le nom de la villa encore existante actuellement.

 

36 avenue de la Rostagne, Villa les Oliviers

Monsieur Bilger raconte : « Il y avait un terrain vague qui servait de terrain de football donc très grand, en face de ce terrain de la Synagogue. En 1960, celle-ci n'était fréquentée que par des israélites pieds-noirs et pauvres. Les gosses de ces derniers truffaient le terrain de foot avec des tessons de bouteilles de champagne - afin que les enfants de chrétiens se fassent du mal. J'en ai surpris un sur le fait et malgré que je lui tenais le bras serré derrière le dos avec des tessons dans la main, il ne voulait pas avouer. Avec ma jambe droite malade je lui ai donné un tel coup de pied à plat qu'il est parti 2 mètres en l'air. Bien sûr "au meurtrier" et "au secours", il a téléphoné de la Synagogue à son père employé au Commissariat de Police: mise au point entre lui et moi, des anecdotes qui restent. Le père comprenait les méfaits de son fils et tout le monde redevenait ami. Je pense à cela vu les problèmes au Moyen-Orient actuels »
Ce terrain appartenait à l’origine à la famille Cavasse qui l’a vendu à Madame veuve Rebstock  le 16 juin 1923 qui avait droit de passage  à pied et avec gens, bêtes, charrettes, voiture sur le chemin de 3m50 ,
Madame Rebstock a revendu à Madame veuve Pugnaire qui l’a divisé en deux lots, lot 1 et Lot 2.
Le 15 janvier 1942 Madame veuve Pugnaire a vendu ces deux lots à Madame veuve Proton de la Chapelle, qui elle-même a revendu le 29 septembre 1952 le lot N°1 au général Lardin et le lot N°2 à Madame Vekermans qui a fait construire une magnifique Villa Les Oliviers

Historique du Chemin des Sables (anciennement route des sables)

Lors de l’élargissement du Chemin des Sables Monsieur Deutsch s’était assis sur une branche d’un olivier pour empêcher l’abattage des arbres d’une façon bien dérisoire.
Madame Bovis qui avait un magasin d’électricité boulevard Albert 1er s’était aussi assise avec ses voisins au pied des orangers place de Gaulle pour essayer de les sauver

27 et 29 Chemin des Sables,  la résidence l’Emeraude du Cap

Villa de conception architecturale avec attique «japonisant »
Monsieur Bilger raconte :
Chemin des sables largeur d'une auto avec dans sa partie supérieure la Résidence de feu notre ami Monsieur Deutsch ayant transformé sont nom en Monsieur Duflos car il était Juif. Propriétaire de 60 hectares d'arbres rares entourant ce " pavillon à la japonisant " - seul endroit qui fut encore préservé pour 30 ans, (Monsieur Deutsch avait légué la propriété à ses deux filles avec obligation de conserver la Villa et sa véritable foret qui l’entourait durant 30 ans).
Une de ses filles habitait dans la villa  la Septimontaine (signifiant  habitant de Samoëns Haute Savoie  avenue du château de la Pinède qui débouche entre le 29 et 31 chemin des sables, villa  qui avait appartenu à des Russes
Dans cette avenue existe aussi la villa Jeanne Marie mitoyenne.
Une des filles avait un magasin de sport à Nice. Elles sont décédées et la propriété a été malheureusement vendue.
Les senteurs provençales, les libellules, encore des oliviers tricentenaires, un paradis sur terre, des araucarias splendides, quelle vue nous avions, et le chant des cigales en plus !
Monsieur Deutsch qui s’habillait en capitaine de navire, adorait les chiens, c’est pour cela qu’il a créé un refuge pour les animaux qui est actuellement l’union protectrice des animaux  (UPA) Le refuge Duflos qui se trouve Chemin de Terriers à Antibes.
http://refuge.duflos.pagesperso-orange.fr/
Léon le frère de Monsieur Deutsch possédait un théâtre à Paris et était marié à une Russe, il avait  un super marché place national à Antibes et aussi à Nice.
La  villa habitée par Monsieur Deutsch était la Villa « l’Alouette » située dans une impasse du chemin des Sables où il vivait avec sa mère.
Lors de l’élargissement du Chemin des Sables Monsieur Duflos (Deutsch) s’était assis en vain,  sur une branche pour empêcher l’abattage des oliviers qui bordaient ce chemin.
Cette villa de style japonisant caractérisée par son architecture d’époque qui garde un caractère humain est en cours de restauration mais le grand parc qui l’entourait a perdu beaucoup d’arbres centenaires qui formaient une véritable forêt autour d’elle, et dont on a encore des vues prises d’avion.
Monsieur Deutsch est décédé à 104 ans, il roulait dans une Rolls-royce parfaitement entretenue  avec un chauffeur.

30 chemin des Sables :

Anciennement Villa la Monada

Virginie Terrusse, épouse de Honoré louis Gabriel Gairaud, possède une grande propriété qui couvre le terrain de la Monada, Elle en fait don à son fils, Edouard Gairaud lors de son mariage le 7 février 1858).

Edouard Gairaud, veuf de Elisabeth Joséphine BARNAUD (décédée en 1892) décède en 1912 et laisse la propriété à ses deux petit-fils : Jean  Honoré Lambert CAVASSE et Franck André Cavasse.
Sur le pilier de gauche à l’entrée de l’ancienne synagogue, est écrit « 31 Chemin de la Rostagne »  ce qui prouve que l’avenue de la Rostagne s’appelait « chemin »  et encore avant Chemin François Gairaud.
Clôturée par une magnifique grille en fer forgé représentant le sceau de Salomon soit une étoile à 6 branches formée par deux triangles équilatéraux entrecroisés symbolisant pointe en haut le ciel, pointe en bas la TERRE signifiant que tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
Devenue trop petite une nouvelle synagogue à été crée au 9 chemin des Sables

 

31 Chemin des Sables  Résidence Riviera

32 Chemin des Sables  Résidence Le Caroubier

Le terrain a d’abord appartenu à Monsieur Cavasse, puis à Monsieur Ledoux.
Le terrain  a ensuite appartenu à Monsieur Félix qui était Commandant de Marine et était propriétaire  et patron du restaurant " Félix au Port " près de la porte marine d’Antibes.
Au dessus du restaurant " Félix au Port ",  il y avait un hôtel où a habité Maurice Allègre né à Antibes le 16 février 1933.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_All%C3%A8gre
Dans cet hôtel il y avait souvent des notables.
Sur le terrain de Monsieur Félix, Fernand et Colette employés du restaurant " Félix au Port cultivaient des légumes et des agrumes (orangers citronniers).
Le 8 mars 1970  une terrible gelée détruisit tous les agrumes du terrain et Monsieur Félix vendit son terrain à un promoteur qui construisit un énorme immeuble dont la hauteur jure terriblement avec les villas environnantes, «Le Caroubier » d'aucun style provençal.

 

 

33 Chemin des sables  Résidence Villa Cécilia
 Petit immeuble Cécilia   (N° 128 Cécilia référence cadastrale  CN0194   contemporain (années 2000) Liste du Patrimoine Bâti Protégé)

34 Chemin des sables  Résidence Le Valentino
Le Mas Féraud, magnifique Mas habité par Monsieur et Madame Kopitkine dit Kopé, réfugiés russes d'une originalité rare, pauvres avec 18 chats, mais quelle classe, Madame ancien mannequin de Monaco descendant de la noblesse russe, très originale, de très bons amis pendant toute leur vie, inoubliables par leur classe malgré qu’ils étaient dans le besoin.
Monsieur Kopitkine avait francisé son nom en se faisant appelé « Kopé ». Il avait un poste à la Mairie.
Monsieur  Kopitkine  dit Kopé  est décédé en 1971  dans les bras de Monsieur Bilger et Monsieur Stahl.
Madame Koptkine  dit Kopé s’est suicidée par pendaison dans l’escalier de cette maison, ne pouvant supporter l’absence de son mari
Le Mas Féraud impasse Bouvard était la propriété de Monsieur Voarino entrepreneur d’origine Italienne,  son fils a hérité de ce terrain et  l’a vendu au promoteur  Kaufman & Broad.

Le Mas Féraud a été rasé et remplacé par le Valentino, petit immeuble de 9m de hauteur qui  a été terminé en juillet 2007.

Seul reste en souvenir un magnifique tableau représentant le Mas Féraud peint par Le Docteur Cantuern  qui habitait la Villa Régina au 34 avenue de la Rostagne.

35 Chemin des Sables  Résidence Les Sables d’Or

(N°108  référence cadastral  CN0193   Art moderne  (année 1930) Liste du Patrimoine Bâti Protégé)
 Les Sables d’Or   angle 35 chemin des Sables - 1 avenue Edmond d’Esclevin.  Art Moderne année 30

36 chemin des sables  Résidence les Sables

La villa Valima  avec un beau jardin tenu par des alsaciens  qui avaient un commerce de vins à strasbourg.
La Villa Valima a été rasée et remplacée par le monstrueux  immeuble « les sables »
Monsieur Bilger raconte qu’avant cette construction il n’y avait des roseraies et oliviers en masse, châteaux d'eau par douzaine, coassement des grenouilles la nuit, seul bruit agréable et enchanteur que l’on entendait encore en 1975.

Historique du Domaine des Mûriers

Porte ce nom du fait de la Magnanerie qui était située dans la Bastide LaVerne et le Mas des Orangers où étaient élevé les vers à soie.
16 avenue du Bosquet
La magnifique et très ancienne bastide provençale «Le Bosquet » (CO 0456-0457   Liste du Patrimoine Bâti Protégé)  où Guy de Maupassant a écrit plusieurs de ses romans.  La petite amie de Bonaparte lorsqu’il est venu à Antibes, habitait cette Villa
Actuellement cette Bastide appartient à Monsieur Jean Aussel qui écrit un livre sur l’historique d’Antibes et de cette Bastide.

Historique du PARC SARAMARTEL

Le Baron Empain louait l’été le Château Saint-Georges qui n'existe plus, démoli hélas, à l'entrée du Parc Saramartel, fermé aussi comme le Domaine des Mûriers.